Anthologie 2014////John Steelwood

Au sommaire de cette Anthologie 2014, vient l'anthologiste himself. Pour la peine, je me suis permis de lui poser quelques questions supplémentaires. Mais tout d'abord, la chronique :




Zochra




Dans un futur assez éloigné, dans un monde qui semble avoir connu l'Apocalypse, un homme dit avoir rencontré ce qu'il prend pour un dieu... Qu'en est-il vraiment ? Je dois bien avouer humblement que je ne suis pas sûr d'avoir tout compris à cette histoire et peut-être que ce pitch est le reflet de cet aveu... Pourtant, et d'une manière très paradoxale, j'ai adoré cette histoire. Il faut dire que John Steelwood sait développer un style tel que je les aime, ornementé et plaisant, assez fluide pour couler sous les yeux. Alors peut-être manque-je de référence pour bien comprendre le sens de cette nouvelle, de ce que l'auteur veut me dire ? Peut-être, je n'en sais rien et je m'en fiche. je crois que j'y reviendrai bientôt pour me replonger dans ce récit très court en définitive et tout de même fort d'une densité impressionnante. De très loin l'un des meilleurs textes de cette anthologie. Du beau boulot, monsieur Steelwood !





illustration de Mandy





A présent, il est grand temps de passer aux questions :




A.C. de Haenne : Pour commencer, nous allons faire une présentation "Twitter", c'est-à-dire que tu as 140 signes, espaces comprises, pour te présenter. Attention, je vais vérifier.

John Steelwood : John Steelwood, auteur, anthologiste, j’aime le Montbazillac et le Jack Daniel’s. Fan de Stephen King. Fou des mots, des livres, de la vie.

A.C. : A présent, si tu avais quatre mots pour présenter ton travail en tant qu'écrivain, quels seraient-ils ?

J.S. : Un verre par page

A.C. : Sérieusement, pourquoi écris-tu ?

J.S. : Vaste question. Combien nous accordes-tu de signe pour répondre ? Hum… J’ai commencé à l’âge de 9 ans, poussé par une force étrange, puis j’ai disparu des tablettes du Grand Organisateur, pour coucher mon premier roman à 18 ans (débuté sur un Minitel, comme ça, sans prévenir). Je dirai donc, qu’une énergie dont je ne pourrais situer l’origine, m’invite régulièrement depuis plus de 30 ans à écrire. Et puis, je dois avouer que c’est un véritable plaisir – un sacerdoce – que de raconter des histoires.

A.C. : Après cette anthologie, quelles vont être tes prochaines publications, sur papier ou en numériques ?


J.S. : Côté roman, “H2NO” va sortir incessement sous peu aux éditions Long Shu Publishing. Côté nouvelle, “Doppelgänger” sort en avril dans le recueil “Nouvelles peaux” aux éditions Luciférines (papier) et “La voix” est prévue aux éditions L’Ivre Book (numérique).

A.C. : John Steelwood, je sais aussi que tu es l'instigateur de ce projet d'anthologie. Comment t'es venue l'idée ?

J.S. : En fait, l’idée est présente depuis un moment dans mon esprit et grâce à Long Shu Publishing, elle s’est concrétisée. Disons que je lis pas mal de textes (comité de lecture, pour des amis, pour filer un coup de main) et parfois ils sont refusés pour x raisons. Je trouvais dommage que certaines de ces nouvelles de qualité restent quelque part dans le noir, enfermées dans un tiroir, remisées au fond d’un disque dur. Alors, j’ai proposé cette idée folle à Alexandre, monter une anthologie avec les textes refusés, car je vois en cela une seconde chance pour ces auteurs de présenter leur texte, et une chance pour le lecteur de découvrir ce qu’il n’aurait probablement jamais lu sans l’existence des anthologies auxquelles vous avez échappé.

A.C. : Comment as-tu procédé concrètement ?

J.S. : Pour cette première anthologie, j’ai pratiqué de manière très simple. J’ai pioché dans le vivier de textes que j’ai eu l’occasion de lire et que j’avais trouvé… OMG !!! J’ai contacté les auteurs et je leur ai demandés s’ils souhaitaient soumettre un texte (leur texte), j’ai donc relu et j’ai pris mon pied une nouvelle fois. D’autres textes me sont parvenus par le biais d’Alexandre.
La sélection a été rapide, mais le plus difficile restait à réaliser.
Le travail de fond a débuté : corrections, réécritures de passages… Nous avons utilisé Google Drive et le partage de document. Ainsi, en collaboration avec l’auteur, nous avons retravaillé le texte de chacun très souvent en direct. Il y a eu de multiples lectures, je désirais voir le meilleur de chaque nouvelle ressortir.
Alexandre, grâce à ses connaissances en SF, a été un soutien solide, et je l’en remercie pour ça.
Après cette phase intense et chronophage, un déroulement plus classique s’est enchaîné : décoquillage, relecture ultime et validation par les auteurs. 
Bref, trois mois de boulot avec ces zones de stress et les zones de satisfaction.

A.C. : Cela veut-il dire que n'importe qui peut te soumettre une nouvelle pour la prochaine édition ?

J.S. : Pour l’anthologie 2015, n’importe qui il faut qu’il sache écrire quand même – peut soumettre un texte. Il y aura une présélection et début 2015, les noms de 12 candidats seront annoncés. À l’heure où j’écris ces mots, j’ai déjà reçu des textes et des auteurs m’ont contacté pour savoir comment cela se déroule concrètement.

J’en profite juste pour préciser qu’il n’y aura pas de sortie de « 
Les anthologies auxquelles vous avez échappé pour les textes ayant été refusés pour les anthologies auxquelles vous avez échappé. »

A.C. : Es-tu satisfait du résultat ?

J.S. : Un mot : OUI

Hâte maintenant d’avoir le livre entre les mains afin que je réalise le travail accompli.




Génial, un grand merci à John pour avoir répondu à ces questions supplémentaires.

A présent, les amis, c'est à vous de bosser !




Bon, aujourd'hui, je pense qu'on a fini. Pour la suite, ça sera demain...

A.C. de Haenne






Commentaires

  1. Penses-tu un jour écrire dans un registre totalement différent (histoire d'amour, d'aventure, espionnage,...) ? Par ailleurs, écris-tu une seule histoire à la fois ou peux-tu commencer plusieurs projets en même temps ?

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    1. Bonjour Gweg,
      J'ai écrit dans - presque - tous les genres, sauf de l'érotique (hormis une nouvelle trash érotique, encore enfermée à double tour dans mon tiroir) et très peu de fantasy. Après, pour les histoires d'amours, elle finissent mal... en général, du moins dans mes écrits.
      Quant à me concentrer sur plusieurs projets en même temps, cela a toujours été le cas.
      Je n'ai aucune difficulté pour passer d'une histoire de slasher à un texte avec des robots. Du coup, je travaille sur plusieurs romans (zombie, roadmovie, thriller fantastique), des nouvelles (de tous genres.) Et je pense de plus en plus à écrire un roman avec un autre auteur...
      J'ai également un projet jeunesse avec une illustratrice, mais ce livre sortira sous mon autre nom.
      Merci pour tes questions, j'espère avoir correctement répondu :)

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  2. Bonsoir John. Tu es directeur de collection, correcteur, auteur... Honnêtement, comment fais-tu pour t'organiser et tout faire (et bien !) en même temps ? Donne-moi ton secret, je veux te le piquer !

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    1. Hello Gaëlle,
      Je ne cherche pas à m'organiser, je laisse venir à moi les textes et projets. Je n'ai jamais été un champion de Tetris ou un aficionados des Légos, mais tout s'imbrique parfaitement quand je bosse.
      Quand je démarre un projet (perso ou collectif), j'ai toujours cette envie de donner le meilleur - c'est pour cela que je suis parfois un peu "embêtant".
      Directeur de collection, c'est arrivé un peu comme ça, sans prévenir. Je dois avouer qu'au départ, j'étais un peu inquiet : est-ce que je vais y arriver ?
      Puis, le travail a démarré et là, je me suis pris au jeu. Je me suis amusé avec les auteurs et leurs textes, j'y ai pris du plaisir, j'ai râlé aussi, mais quand on voit le résultat final, je suis fier du travail accompli et je suis également fier d'avoir bossé avec 11 auteurs, aux personnalités variées.
      Donc si tu veux me piquer le secret, je t'invite à m'allonger sur une table et à pratiquer une trépanation pour me retirer le cerveau. je ne vois aucune autre solution.
      Becs et à très bientôt

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  3. Bonjour John. Première question.....est-ce diffile de travailler avec plusieurs écrivains à la fois ? Ensuite...il y a deux Québécois dans l'anthologie...quelle est la plus grande particularité ou différence d'écriture entre nos deux cultures ? Troisième questions....est-ce vrai qu'Alexandre Girardot, le boss de Long Shu Publishing exerce un régime de terreur sur ses auteurs..? Merci John et comme toujours ton texte est super !

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    2. Hello Sylvain,
      La réponse à ta première question est Non. Ce qui est difficile - même si j’emploierais plutôt le terme "frustrant" - c'est de ne pas avoir assez de temps.
      Car le temps est toujours trop court quand on bosse avec d'autres sur un projet intéressant. Trois mois, c'est long et court à la fois, mais quand le terme échu, quand les textes sont finalisés, ce qui est difficile, c'est de se dire : "c'est fini :("
      J'ai aimé découvrir des styles différents et j'espère avoir su prendre les bonnes décisions pour les auteurs et qu'ils ne m'en veulent pas d'avoir ergoté sur des mots ou des bouts de phrases.
      Il y a deux Québécois dans l'antho ? ;)
      Oui, les particularités sont minimes, au final. Hormis du vocabulaire (je lance au hasard "condo") et des différenciations dans la ponctuation, je m'y suis retrouvé assez facilement. Après, vous avez une construction de l'intrigue légèrement différente, sans doute est-ce l'accent littéraire des Québécois. Un accent que j'aime.
      Troisième question. Hum... J'ai peur de te répondre, je ne souhaiterais pas recevoir un coup de fouet, donc je préfère m'abstenir. ;)
      Non, sans déconner, Alexandre est super. Il a été d'un soutien incroyable (pour moi et les auteurs, lors des corrections et après).
      Et merci pour ta dernière remarque, très touché.
      J'espère avoir bien répondu. (Oups, j'entends le fouet résonner...)
      À bientôt

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    3. Sylvain, je tiens à préciser que je ne suis pas la boss de Long Shu Publishing. Je suis l'initiateur du projet, l'allumette qui a mit le feu à la mèche, et maintenant j'en suis l'animateur. Mais en aucun cas je m'en sens le patron. Pour moi, Long Shu Publishing est et doit rester un projet collectif.
      D'ailleurs, c'est bien comme ça qu'on l'a entendu, John et moi, lorsqu'on est parti dans ce projet un peu dingue de réaliser cette anthologie en si peu de temps. A cause du peu de temps dont nous disposions, il m'a fallut parfois faire preuve d'un peu d'autorité, mais ce n'est pas pour autant, enfin je l'espère, que j'ai fais régner un régime de terreur au sein de l'équipe.
      Long Shu Publishing, c'est pas Game Of Thrones. Si c'était le cas, le projet aurait déjà coulé depuis des lustres d'ailleurs, John ne supportant pas l'autorité d'une façon générale. La plupart des décisions importantes qui sont prises pour Long Shu Publishing le sont après discussions argumentées. Si un projet n'a pas de pertinence, nous savons l'admettre, les uns et les autres. Et lorsqu'il l'est, nous arrivons assez bien à trouver le moyen de le réaliser dans un bon esprit, sans prises de tête inutiles, dans la joie, la bonne humeur et la déconnade.
      Ce dernier point est essentiel. Je crois que notre maître mot est "plaisir". Le jour où bosser pour Long Shu Publishing sera comme si on se rendait au bureau ou à l'usine, je pense qu'on réfléchira sérieusement à l'arrêt du projet.

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    4. Merci Boss, très belle philosophie de travail que tu as. Long vie aux Éditions Long Shu !

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    5. Je supporte l'autorité, tant qu'elle ne m'est pas imposée :)
      Sinon, pour la promo de l'anthologie, je pense demander aux auteurs de se vêtir à la manière de GOT, ce serait pas mal.
      Il faudra y songer. :)

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  4. Salut John !

    Stephen King semble être un auteur que tu affectionnes beaucoup. Si c'est le cas (car je n'en sais rien; je me base sur des photos et ton site web) , jusqu'à quel point il t'inspire ou influence ton écriture?

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  5. Hello Pat,
    J'ai découvert King assez tardivement en fait, je devais avoir 17 ans. J'ai démarré par Shining. Quand j'ai ouvert les premières pages du livre, je me suis senti immédiatement chez moi. L'écriture de SK est pour moi très addictive, quand je démarre un livre, je suis obligé de continuer - jusqu'à ce que mort s'ensuive.
    Après, côté inspiration, j'avais déjà beaucoup d'idées avant de découvrir SK, les livres du "maître" sont avant tout une planche de salut face à la vie réelle. Ses écrits me permettent de m'évader, sans doute est-ce aussi pour cela que je préfère les pavés comme The Stand ou 11/22/63 ou Under The Dome ou IT. J'adore aussi ses nouvelles.
    Après Stephen King m'inspire quand je lis "Écriture : mémoires d'un métier". Là j'écoute très attentivement tout ce qu'il distille, comme conseils, comme pièges à éviter. Alors oui, s'il y a inspiration, elle vient de là, de son expérience.
    Après côté influences, elles sont nombreuses et la première, la principale, reste : La Vie.
    Si tu veux plus de précisions, n'hésite pas, et merci pour ta question.

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  6. Rebonjour John. Que t'inspire ces vagues de littératures très populaires et enrichissantes financièrement pour leurs auteurs qui débarquent à l'occasion - genre Harry Potter, Twilight, Hunger Games....souvent pour un public plus jeune d'adolescents, mais qui touchent aussi beaucoup d'adulte ?

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    1. Re Sylvain,
      En fait, ça m'inspire pas grand chose, si ce n'est d'écrire pour oublier tout ça. Je préfère largement l'époque de mon adolescence avec les Evil dead, Street Trash, Réanimator, les Argento aussi.
      J'ai regardé tardivement les Harry Potter, et dernièrement j'ai visualisé Hunger Games. C'est plaisant, sans plus, et encore, c'est parce que j'ai regardé ça avec ma fille. Heureusement, il existe les DVD, donc je vais pouvoir initier mes enfants avec les films de mon adolescence.
      Quant à Twilight, j'ignorais qu'on pouvait tourner ce genre de... Ouaip, il faudrait inventer un mot pour décrire ces films.
      Bref, si on me propose d'écrire le scénario d'un film pour ado, ma foi, je dirai pas non. Reste à savoir ce qu'il en resterait, car j'imagine bien que mon texte serait censuré. Cela permettrait d'avoir un peu de flouze, et ainsi, d'aider le collectif des Fossoyeurs de Rêves à se faire connaître. (et de te faire venir en France)

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  7. Sinon John, je pense que ça serait intéressant pour nous tous que tu nous en dises un peu plus sur ce personnage : Zochra.
    Il fait partie d'une mythologie que tu as inventée, si je ne me trompe ?
    Il me semble également que tu m'as expliqué que cette nouvelle s'inscrivait dans un univers que tu as développé au fil du temps, un univers uchronique, et que H2NO, que nous publierons plus tard dans l'année, s'inscrit également dans cet univers ?
    Pourrais-tu nous en dire un peu plus à ce sujet, sans déflorer la nouvelle ni le roman à paraître ?

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  8. Qui est Zochra... Vaste question. Zochra est un Dieu né aux Enfers. Il est le fruit d'une union entre deux humains (Lucie et Christian), mais Yold (Dieu régnant avant l'an 29) va s'emparer de cet enfant au cœur de la fournaise pour en faire son successeur, celui qui organise le temps et combat le Mal.

    Dans mon monde, il n’existe qu’un Dieu à un instant T (instant pouvant se dérouler sur des siècles et des siècles ou seulement sur une partie infime de l’évolution). Il est Yold, pour moi, il porte bien d’autres noms pour les autres.

    Donc c’est aux environs de l’année 2029 que Zochra prendra la place de Yold. Ce dernier est né au point d'articulation où le temps passé, présent et futur vont devenir un. Surviendra alors un Grand Cataclysme du côté de Seattle, redistribuant ainsi les cartes au niveau mondial.

    H2NO se déroule après l’an 29.

    J'ai développé ce concept de Dieu depuis mon enfance, quand caché sous mes draps, je n'avais personne à qui parler. Yold est né de ce manque, d'une souffrance.

    Il est ensuite apparu dans mon second roman : "Décomposition" (inédit à ce jour), puis dans "Abel, le messager" (inédit également). Par la suite, j’ai écrit des nouvelles et des poèmes où j’intègre Yold ou Zochra (en fonction de l’Uchronie développée).

    Dans NéoCancer (suite d’H2NO), le concept de Dieu va s’étendre aux machines pensantes (les GN). Les androïdes, comme GN001 (Jeanne, le premier GN, apparaît en l’an 29 à Seattle) et GN345 (dans H2NO), vont être amenés à évoluer et ainsi commencer à croire à une puissance supérieure. Zochra ne regarde pas le corps, seulement l’âme, chose qu’il découvrira dans le Spirit des robots.

    Mais ceci est une autre histoire.

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    1. Pour le coup, ça donne vraiment envie. Surtout si le niveau d'écriture est celui de cette nouvelle. J'espère juste pouvoir comprendre quelque chose... ;-)

      A.C.

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    2. H2NO est beaucoup plus accessible. Je ne voudrais pas être condamné pour avoir fait exploser les neurones de mes lecteurs :)

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  9. Bonjour John, et merci pour ce projet ! Une question con (ou pas). Hormis un livre de Stephen King, quel livre aurais-tu aimé écrire ? Tu sais le genre de sensation qu'on a parfois en lisant un livre comme une évidence, une révélation.

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    1. Tout simplement, "Des souris et des hommes" de John Steinbeck. Mon libre préféré.

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