Jupiter, le Destin de l'univers

Jupiter Jones est une immigrée russe qui vit aux Etats-Unis. En aidant sa mère et sa tante, elle survit en faisant le ménage dans des appartements de luxe. Mais alors qu'elle a accepté de louer son corps pour mettre au monde un bébé, d'étranges créatures qui ont pris apparence humaine décident de la tuer. C'est là que Caine parvient à la sauver, de justesse. Ce qu'elle va apprendre par la suite dépasse l'entendement...

Jupiter Ascending (2014, 2h07), film américain de Lana et Andy Wachowski, avec Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean, Eddie Redmayne...

Tandis que Matrix (1999) était une libre réinterprétation d'Alice au pays des merveilles (souvenez-vous : "Follow the white rabbit"), ici les frère et sœur Wachowski nous propose une nouvelle lecture du conte de Cendrillon. On a la jolie jeune fille qui trime dans les toilettes, un joli mariage avec un beau prince, etc. Bon, bien sûr j'extrapole parce que très vite le film s'éloigne du conte original mais je pense quand même que l'idée est là... 

Bon, que penser de ce Jupiter Ascending ?

Eh bien déjà qu'après l'extraordinaire Cloud Atlas (2012), c'est peu de dire que j'attendais beaucoup du nouveau long-métrage des Wachowski. D'autant que ces habitués de la Science-Fiction ne nous avaient jamais proposé de space opera. Cela manquait à leur filmographie et j'avais donc plus que hâte de voir ce qu'ils allaient faire avec ce sous-genre si particulier mais tellement spectaculaire. Pour tout dire, l'attente a été plutôt comblée (du space opera, c'est sûr, on en a et, techniquement et visuellement, on peut dire qu'on est servis). Malheureusement, ce film pêche sur de nombreux points.

Même s'ils sont là encore scénaristes (seule exception, Cloud Atlas, où un troisième réalisateur, Tom Tykwer, leur avait aussi prêté main forte sur le scénario) de leur long-métrage, on sent bien que les deux américains n'ont pas l'entière main-mise sur leur film. On connait le système hollywoodien qui, à de très rares exceptions près, n'accorde aux réalisateurs que le droit de réaliser le film. La plupart du temps, celui-ci est plutôt créé par des producteurs exécutifs. C'est l'anti-thèse du système du cinéma français, qui met en avant une politique de l'auteur. Avec, là encore des exceptions (qui ont tendance à se généraliser)... Après avoir réalisé Matrix, qui a cartonné au box office (surtout avec un budget relativement modeste), les Wachowski se sont vus mis sur un pied d'estale. Grâce au succès rencontré par les deux suites (oubliables), ils auraient pu devenir les maîtres d'Hollywood. Malheureusement, pour les films suivants, le succès ne fut pas au rendez-vous. Tout cela pour dire que malgré Matrix, les Wachowski ne font plus tout à fait ce qu'ils veulent. Et ça se voit un peu à l'écran. Surtout au niveau du montage. Là où des réalisateurs comme Christopher Nolan ou Paul Thomas Anderson peuvent la durée qu'ils désirent pour leurs films (et ils ne s'en privent pas, les bougres), ce n'est pas le cas pour les Wachowski. Cloud Atlas frôlait certes les trois heures. Celui-ci dépasse tout juste les deux. Et ça se ressent à l'écran. On sent très bien que des choix de montage ont été faits, aux dépends parfois de la compréhension. Il y a notamment une scène, au début du film, où on tente d'assassiner le personnage de Jupiter. Je n'ai vraiment pas compris les tenants et les aboutissants de cette scène. Je pense qu'elle a été sacrifiée pour laisser de la place pour toutes les aventures spatiales qui vont suivre...

Et comme le montage permet de faire entrer un film trop grand dans une chaussure de vair (oui, je sais, c'est peut-être une mauvaise traduction) (et, oui, je rebondis allègrement sur mon idée de départ), forcément il faut quand même faire comprendre un minimum ce qui se passe à l'écran. Le spectateur a donc droit à des scènes d'exposition pas toujours très subtiles. Comme cette rencontre entre les trois frangins/frangines maîtres de l'univers (ou presque). On nous impose cinq bonnes minutes de dialogues (qui n'auraient normalement pas lieu d'être) dans un paysage urbain futuriste (qu'on se doute d'une autre planète), bien trouvé mais de façon assez incompréhensible totalement vide, à part ces trois personnages...

Heureusement, ce film vaut pour ses effets visuels qui, pour une fois, sont au service du film (la plupart du temps dans les blockbusters hollywoodiens, c'est l'inverse). Les scènes spatiales sont absolument bluffantes de réalisme. Pour le coup, avec ce film, on a notre quota de dépaysement et d'exotisme. C'est le minimum syndical que j'attends de ce genre de films. Les décors et les costumes sont tout aussi réussis.


Après, les personnages sont assez bien campés, même si les choix de Mila Kunis et Channing Tatum dans les rôles principaux s'avèrent discutables. Ce ne sont certes pas les meilleurs acteurs du monde, mais leur charisme est suffisant pour rendre leurs personnages aussi vivants qu'attachant. En tout cas, il leur arrive un sacré paquet d'aventures toutes plus échevelées les unes que les autres. Fallait un sacré destin à Jupiter pour s'en sortir indemne !

En tout cas, la perle de ce film reste une scène de reconnaissance administrative des droits de Jupiter. Un vrai bijou digne d'un Brazil. Si vous avez vu Jupiter Ascending, vous savez pourquoi on peut parler ici d'hommage. Pour les autres, allez le rattraper s'il n'est pas trop tard, parce que c'est typiquement le genre de film qu'il vaut mieux voir sur grand écran. Même celui du salon ne le sera pas assez.

note : II

A.C. de Haenne

Commentaires

  1. En ce qui me concerne, j'ai trouvé ce film d'une nullité aussi abyssale que sidérante.

    Essaie d'en trouver un résumé en une phrase et ça donnera quelque chose comme : "une pauvre fille qui gagne sa vie en nettoyant des chiottes fait la découverte qu'elle est la réincarnation d'une reine extraterrestre". On rejoint certes le conte à la "Cendrillon", mais l'on oublierait alors de mentionner deux des autres caractéristiques de "Jupiter Ascending" : son absurdité ainsi que son contenu idéologique douteux ("l'important, ce n'est pas ce que l'on fait, c'est ce que l'on est").

    Au fait, "Matrix" ne date-t-il pas de 1999 ?

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    1. Ouh là, oui, merci ! Je crois que j'ai voulu me rajeunir de quelques années, dis donc !

      Ah oui, mais je n'ai jamais dit que le message du film avait une grande portée philosophique. Bien au contraire, c'est assez basique. Malheureusement...

      A.C.

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  2. Moi j'aime bien aimé, pourtant d'habitude je suis la première à râler sur ce genre d'intrigue mais là je me suis laissée emporter par les images ^^.

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    1. Oui, ce film est un ballet visuel qu'il faut pouvoir apprécier. Après, ça ne fait pas tout dans un film.

      A.C.

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