L'intersection Einstein (The Einstein Intersection), par Samuel R. Delany

Notre univers a été traversé par un autre univers qui n'obéit à aucune des lois scientifiques que nous connaissons. L'humanité est divisée nettement, en masculin, féminin et anormal. Lo Lobey, Orphée du futur où l'impossible se fond dans le réel, entreprend une descente aux enfers. Les êtres qu'il rencontrera viennent d'ailleurs, de l'Enfer Chrétien ou de cet autre univers qui recoupe notre plan de réalité. Ils apparaissent comme la Mort ou l'Amour, et ils semblent avoir arraché à notre passé des lambeaux de poésie et des échardes de violence, et tous, bien sûr, protègent la nouvelle Eurydice.

illustration de Didier Gaillard
Une fois n'est pas coutume, j'ai recopié la quatrième de couverture. D'une part parce qu'en refermant le roman de Samuel R. Delany (une découverte pour moi), je n'étais pas sûr d'avoir tout compris. Et, d'autre part, parce que ça fait un petit bout de temps que je l'ai remisé dans ma bibliothèque, ce bouquin et que, forcément, c'est plus difficile de se remettre dans une intrigue. Surtout quand elle est aussi hermétique que celle de cette Intersection Einstein.

Mais avant de me lancer dans une interprétation du peu que j'ai compris de ce bouquin qui date de 1967, j'aimerais expliquer pourquoi je me suis plongé dans sa lecture. Outre que je l'ai dans ma bibliothèque (il y a quelques temps déjà, je me suis lancé comme défi de collecter tous les livres de la collection "anti-mondes", aux éditions OPTA), ce qui est en soi la première et la meilleure des raisons, c'est surtout qu'après la lecture du fabuleux roman de Jo Walton, Morwenna, j'ai ressenti une folle envie de lire un des romans (voire tous) cités par l'auteure galloise. Et, bizarrement, le premier qui m'est apparu comme devant être lu tout de suite était celui-là. Bon, ce n'était peut-être pas si bizarre... En effet, la principale raison de ce choix était le nombre de pages. Je pensais bien naïvement qu'un livre court (220 pages dans cette version) allait me permettre de le dévorer en quelques heures ! Erreur...

Bon, le principal problème des livres hermétiques, c'est qu'on n'y comprends rien. Oui, je sais, c'est un truisme d'énoncer ainsi une telle évidence... Mais il faut dire que Samuel R. Delany a su placer la barre très haut avec un roman qui reprend le mythe d'Orphée. Dans un futur lointain (aucune précision n'est donnée) où l'être humain a tellement évolué qu'il se retrouve divisé en trois genres : le masculin (les prénoms mâles sont précédés de l'article Lo, comme Lo Lobey pour le personnage principal), le féminin (La) et l'anormal (Le) qui serait, si j'ai bien tout compris, une sorte d'être androgyne. Et dans cette société du futur, l'importance de la génétique est primordiale. A tel point qu'elle semble enseignée à l'école. Lo Lobey/Orphée part donc à la recherche de sa fiancée/Eurydice, et se retrouve aux abords de ce qui est décrit comme les portes de l'enfer. Il s'agit d'une ville où s'ébat toute une faune étrange (faut lire pour comprendre. Ou pas) qui fait bien penser à un décor de western. Et pour vous dire la vérité, je ne suis même pas sûr de savoir si, finalement, il l'a retrouvée...

Sous une couverture hideuse (signe des temps ?), on a donc droit à un livre qui se veut la réécriture d'un mythe antique. Alors âgé de 25 ans, Samuel R. Delany signait là son septième roman. Il fait preuve d'une grande culture en citant Joyce, Genet ou Dylan et se permet quelques envolées lyriques qui laisse, malgré tout, la possibilité au lecteur d'apprécier parfois sa lecture. Malheureusement, le fait de ne rien comprendre à ce qu'on lit dessert le propos de l'auteur. D'autant que ce ne furent pas quelques heures qu'il me fallut passer sur ce L'intersection Einstein, mais bien de nombreux jours. Trop nombreux ? Sûrement. Mais il est clair que je n'ai pas abordé cet auteur de la meilleure des manières.

Au final, ce roman est une oeuvre qui se mérite très certainement, mais pour ma part, je suis passé complètement à côté.

Chronique réalisée à l'occasion du challenge Morwenna's list :



L'intersection Einstein (The Einstein Intersection - 1967) - OPTA - collection "anti-monde" - 224 pages - 3€ (occasion) - D.L. : 1977 - trad. : Jacques Polanis

note : I

A.C. de Haenne

Commentaires

  1. Moi aussi j'ai envie de découvrir Delany à cause de Morwenna, la bonne nouvelle c'est que La ballade de Bêta 2 qui est dans ma PàL (et c'est vraiment bien m'a dit Jo Walton aux Utopiales). Mais j'ai feuilleté d'autres livres de lui ça avait l'air très obscur en effet.

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    1. Si Jo Walton t'a dit que c'était bien, qu'attends-tu ? ;-)

      Pour ma part, c'est Sylvie Denis elle-même qui m'a conseillé La Ballade de Bêta 2. Ce n'est pas mal non plus, non ? Mais je ne l'ai pas dans ma PàL...

      A.C.

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