Blade Runner

Los Angeles, novembre 2019. L'ancien Blade Runner Rick Deckard reprend du service. Il doit détruire six réplicants nouvelle génération (Nexus-6) qui ont détourné un vaisseau spatial pour revenir sur Terre. Il se rend à la Tyrell Corporation pour y rencontrer Eldon Tyrell, le créateur des réplicants, qui lui propose de faire passer le test de Voight-Kampff à son assistante, Rachael. Après un grand nombre de questions, Deckard découvre que celle-ci est une réplicante, même si elle-même n'en a pas conscience...

Blade Runner (1982, 1h57), film américain de Ridley Scott, avec Harrison Ford, Sean Young, Darryl Hannah, Rutger Hauer...

Film mythique s'il en est, le troisième long-métrage de Ridley Scott a rencontré bien des obstacles. Véritable four à sa sortie, il fera l'objet d'une nouvelle sortie officielle en 1991 (légèrement modifié), puis en 2007 (montage final). Même s'il est librement inspiré d'un roman de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent -ils de moutons électriques ?, Blade Runner avait pourtant enthousiasmé l'auteur californien, qui visionna un montage de vingt minutes mais ne vit jamais le film fini. La B.O.F. connut aussi bien des déboires de sortie dans les bacs.

Ce qui marque le plus en regardant Blade Runner, c'est son esthétique. En quelques plans incroyables, le réalisateur anglais sait mettre le spectateur dans l'ambiance de ce futur (plus si lointain à présent, mais l'important n'est pas là) quelque peu anxiogène. Surpopulation, pollution, omni-présence d'écrans (les dirigeables passant en boucle des messages invitant la population à rejoindre les colonies sur d'autres planètes du système solaire est une invention graphique jamais vue ailleurs, emblématique du film), etc. Tout y est pensé, réfléchi. Aucun plan ne semble superflu. L'omniprésence de la pluie (jusque dans l'immeuble où se situe la scène finale) amplifie l'impression d'oppression que laisse ce Los Angeles du futur créé par Ridley Scott. D'autant que dans les bas-fonds, l'anglais n'est plus la langue dominante.

Une bonne adaptation est forcément une trahison. Mais Blade Runner est bien plus qu'une simple adaptation du roman de Philip K. Dick (qui, je dois bien le confesser ici, m'est tombé des mains à la première lecture ; cependant, à l'instar du Maître du Haut Château, du même Dick, j'attends une nouvelle traduction pour m'y replonger et mieux l'apprécier). De ce qu'il en avait vu, celui-ci trouvait que Scott avait parfaitement su mettre sur l'écran ce qu'il avait eu dans la tête en écrivant le bouquin, alors que le réalisateur avouait ne pas l'avoir lu. Au vu du résultat final, on peut dire que Blade Runner fait partie des oeuvres cinématographiques qui transcendent le matériau littéraire dont elles sont issues (Escroc-Griffe s'était amusé à recenser 10 films adaptés plus ou moins librement).

Bien sûr, il y aurait encore beaucoup de choses à dire (la musique de Vangelis, les trouvailles visuelles, les costumes, les décors, le scénario, les acteurs, etc.) sur ce film qui n'a pas rencontré son public (comme on dit par euphémisme), mais qui a rapidement acquis un statut d'oeuvre culte. Ce n'est pas pour rien si, pour ma part, je place ce film sur le podium de mes 42 films de SF de référence.

note : IV

A.C. de Haenne

  

Commentaires

  1. C'est pas un film forcément facile d'abord, mais je l'avais étudié au cinéma au lycée et avec des clés de lecture c'est vraiment un sacré film !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Quelle chance ! Oui, mais un film incontournable pour qui aime la SF et le cinéma.

      A.C.

      Supprimer

Publier un commentaire