The Thing (1982)

En Antarctique, un chien est poursuivi par un hélicoptère norvégien, dont un des occupants tente de lui tirer dessus. Finalement, le chien trouve refuge auprès des scientifiques d'une base américaine, alertés par les tirs de carabine. Avant de pouvoir expliquer le pourquoi de ces tirs, l'hélicoptère explose accidentellement et le tireur, devenu une menace pour les hommes, se fait tuer. Les Américains décident d'aller voir la base scientifique norvégienne, histoire de comprendre ce qui s'est passé. Malheureusement, il n'y trouveront aucune réponse tangible. La base est détruite et tous ses occupants semblent avoir péri. Le mystère s'épaissit...

The Thing (1982, 1h49), film américain de John Carpenter, avec Kurt Russel, Keith David, Donald Moffat, Wilford Brimley, David Clennon...

Plus qu'un remake du film de Christian Nyby de 1951, La Chose d'un autre monde, The Thing se veut avant tout une adaptation assez fidèle de la nouvelle de John W. Campbell, La Bête d'un autre monde (Who goes there ? en V.O.). N'ayant pas lu le texte en question, je ne peux en dire plus sur sa qualité et celle de l'adaptation. A part que le scénario est signé d'un certain Bill Lancaster. Oui, oui, le fils de Burt.

Film paranoïaque par excellence, The Thing doit beaucoup à la mise en scène du réalisateur américain John Carpenter, qui signait là son sixième long-métrage. C'était aussi sa première grosse production (15 millions de $, à mettre en perspective avec les 325.000$ de budget d'Halloween, qui en rapporta lui plus de cent fois la mise de départ). Même si, on s'en doute, le tournage ne fut pas de tout repos (nombreuses scènes en extérieur, blessures, etc.), le resultat final est incroyable de maëstria. Dirigés par le tout jeune Rob Bottin, les effets spéciaux sont impressionnants, même encore aujourd'hui. Certes, ils pourraient sembler dépassés depuis l'arrivée de la CGI, mais leur force d'évocation de l'horreur demeure incomparable. Il faut dire qu'âgé de 22 ans durant l'année du tournage, Bottin travaillait jusqu'à 18 heures par jour à certains moments. Mais le travail développé par son équipe et lui a payé au vu du résultat sur la pellicule.

Côté casting, une seule star à l'affiche : Kurt Russel. L'acteur alors âgé de 31 ans était déjà connu notamment grâce à son rôle de Snake Plissken dans New York 1997, sorti l'année précédente et déjà réalisé par Carpenter. Dans The Thing, Russel impose son charisme impressionnant, sans écraser les autres acteurs. Ceux-ci sont dans l'ensemble excellents dans leurs rôles de scientifiques dépassés par l'horreur qui leur tombe dessus. 


La touche finale (ou presque) qui contribue à rendre ce film incroyable de beauté, c'est sa bande originale splendide, que l'on doit à un certain Ennio Morricone. Contrairement à son habitude, ce n'est pas Carpenter qui signe ici la musique de son film. Les studios, frileux, ne faisaient pas confiance au réalisateur. Mais des rumeurs veulent que celui-ci n'a pas pu s'empêcher de glisser quelques morceaux de sa composition.

Je voudrais à présent faire un petit aparté. En voyant The Thing il y a quinze jours à présent (une séance incroyable où j'étais seul dans une salle de 400 places), je n'ai pas pu m'empêcher de repenser à ma vision du dernier long-métrage de Quentin Tarantino. En effet, dans ma chronique de Hateful Eight, j'avais dit que Tarantino y avait rendu un vibrant hommage au film de Carpenter. En revoyant (pour la énième fois) The Thing ce jour-là, je me suis rendu compte à quel point. Déjà, les deux films ont en commun leur compositeur (là encore, Tarantino dérogeait à sa rêgle habituelle de piocher dans sa discothèque personnelle). De plus, un plan de The Thing m'a fait penser à l'un des Huit Salopards : celui de la corde qui mène jusqu'à la cabane de McReady. Dans le film de Tarantino, deux des personnages instalent le même genre de guide jusqu'aux chiottes ! Ce ne peut pas être une coïncidence. Pas avec Tarantino !

Bref, comme vous l'avez compris, j'aime beaucoup ce film. Ce n'est pas pour rien que je l'ai classé sixième dans mon classement subjectif de mes 42 films de SF de référence ! Et si la fin reste ouverte, c'est pour que le spectateur se pose la question jusqu'au bout : qui est la Chose ? A-t-elle été détruite, ou va-t-elle se réveiller un  jour ? A chacun de se faire sa propre opinion car il ne faut pas compter sur Carpenter. En effet, quand on lui posait la question, celui-ci disait une chose, puis son contraire... A noter qu'en 2011, est sorti un film retraçant les faits qui se sont produits dans la base norvégienne. Une préquelle assez inutile. En revanche, en janvier 2010, l'auteur canadien Peter Watts a sorti une nouvelle, The Things (toujours consultable en ligne en V.O., par ici) qui est une très bonne réinterprétation du film de Carpenter, mais du point de vue de la Chose elle-même. Une bonne surprise, à découvrir (elle est lisible en français, grâce à une traduction de Roland C. Wagner dans l'antholgie Utopiales 2010).

note : IV

A.C. de Haenne




Commentaires

  1. Faudra peut-être que je le vois un jour celui-là... (Ennio Morricone à la BO, ça ne se refuse pas en plus ^^).

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    1. Pour tout amateur de film de SF (mâtiné d'horreur), ce film est un must see. Et la B.O.F. ne gâche rien, c'est sûr !

      A.C.

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  2. Une salle de cinoche pour soi.

    Monsieur ne se refuse rien.

    (un brin flippant quand même, non ?)

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    1. Le seul soucis, c'était le confort assez limite (même si la salle est neuve, ou fraîchement rénovée) car je ne savais comment mettre mes grandes jambes...

      Flippant, le film ou le fait de rester seul dans une grande salle ?

      A.C.

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    2. D'être seul dans la salle (devant un film flippant).

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    3. Non, c'est au contraire très immersif. J'ai découvert des choses qui m'avaient échappé la dernière fois que j'avais vu le film en DVD (en plus, je m'étais endormi à la fin, cette fois-là).

      Ah, au fait, scifictif, toi qui es un grand lecteur de nouvelles, tu avais lu celle de Peter Watts ?

      A.C.

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  3. Pas lu non, pas encore (un recueil de Watts intitulé "Les Choses" paraît cet automne au Bélial').

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    1. Ah oui, tiens...

      A suivre, donc.

      Merci pour l'info.

      A.C.

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