Ave, César !

Rien ne va plus à Hollywood ! Baird Whitlock, la vedette du peplum Hail, Caesar ! vient de se faire enlever par des communistes. Mais Eddie Mannix, à la fois producteur et "fixer" a bien d'autres soucis à rêgler dans le même temps : conserver la bonne réputation de l'actrice vedette du ballet aquatique DeeAnna Moran, imposer une star montante du western dans une production plus contemporaine, gérer ses relations avec deux journalistes jumelles, etc. Bref, il a du pain sur la planche...

Ave, César ! (2016, 1h46), film américain de Joel et Ethan Coen, avec George Clooney, Ralph Fiennes, Josh Brolin, Tilda Swinton, Scarlett johansson, Channing Tatum, Frances McDormand, Jonah Hill, Christopher Lambert...

Comme on peut le constater avec l'habituel résumé de début de chronique, il y a beaucoup de choses qui se passent dans ce film. Pourtant, on ne peut pas dire que la tension dramatique soit au rendez-vous. Mais n'anticipons pas trop...

Voici donc le dix-huitième film des frères Coen (on ne fera pas de distinction entre qui réalise et qui scénarise/produit quel film). Depuis 1984 (et leur Blood Simple), ils ont toujours partagé leur carrière cinématographique entre comédies et films noirs (voire très noirs). Une autre caractéristique de leur cinéma, c'est de toujours (ou presque) avoir un casting de rêve. Ce film relève donc plus du pendant comique, comme on a pu déjà s'en douter.

Dans Ave, César ! (en V.O., ça donne Hail, Caesar !), Joel et Ethan Coen rendent un vibrant hommage au Hollywood des années 50. Eddie Mannix, le personnage central de tout cet imbroglio narratif (parce que je vous ai épargné deux ou trois autres petites affaires qu'il doit rêgler dans la même journée) interprété avec brio par Josh Brolin, est un homme haut en couleur qui a vraiment existé. Comme on le voit à l'écran, le "fixer" (une mauvaise traduction pourrait donner "réparateur" ou, plus prosaïquement, "régleur de problèmes") est sur tous les fronts : devant et derrière la scène. Il doit gêrer tous les à-côtés, et même ses petits soucis de conscience... et d'arrêt de tabagisme (ça, c'est pour sa femme). A tel point qu'on se demande combien de temps durent ses journées. Avec Eddie Mannix comme fil d'Ariane, on nous donne à voir toutes les facettes du Hollywood de cette époque, dans tous les genres qu'il savait encore mettre à l'honneur : ballet aquatique, western, peplum, comédie sentimentale, comédie musicale, film noir... Oui, parce qu'il y a vraiment tout cela dans ce film-hommage. Et pourtant, ça n'empêche pas le spectateur de sombrer dans l'ennui. Oh, pas tout de suite car la mise en place est assez intéressante et, surtout, très bien réalisée (on est chez les Coen, quand même !). Mais au bout d'une heure, on finit par se demander où tout cela va nous mener. Où veulent-ils en venir exactement ? Pour ma part, je n'ai pas de réponse...

Pour conclure, si ce film est loin d'être un ratage, il peine tout de même à retenir l'attention du spectateur. Quand le rôle joué par Clooney se fait enlevé, à aucun moment on a peur pour lui. Alors certes il s'agit d'une comédie (plutôt réussie, je dois le dire ; quelques beaux éclats de rire grâce à du bon comique de situation), mais au-delà de l'hommage (là encore, on peut parler d'une réussite totale) l'histoire est loin d'être captivante et c'est un peu dommage. Mais comme je le dis souvent : un film des frères Coen "loupé" demeure quand même un très bon film. Bien au-dessus en tout cas de la moyenne hollywoodienne actuelle !

note : II

A.C. de Haenne


Commentaires

  1. Je vois que aussitôt demandé, aussitôt chroniqué!
    Bravo pour cette célérité.
    EN revanche, j'attendais plus du film lui-même, je le pensais plus détonnant!

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    1. Oui, moi aussi. Je me suis même surpris, durant le film, à attendre un truc qui allait arriver, du genre très fort (peut-être pas de l'hyper violence). Et puis non, rien. Ca aurait peut-être fait monter la cote de ce film. Après, ça reste un très bon film quand même...

      (sinon, tu parles du vote sur FB ? tu y as participé ?)

      A.C.

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  2. On peut comparer ça avec "Trumbo" sur la même période et certains thèmes communs et qui est beaucoup plus "lourd". Les frères Coen ont le mérite de mettre les deux camps dos à dos - même si l'un est évidemment bien plus angélique dans son rêve de révolution prolétarienne face à la droite délirante de l'époque.
    Les séquences "filmées" méritent le visionnage du film à mon avis.

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    1. Du film qui donne son titre à celui-ci, oui, c'est sûr !

      A.C.

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    2. La scène de comédie musicale est incroyable: on est littéralement au milieu des artistes...

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    3. Avec un énorme Channing Tatum (qui a un grand sens de l'auto-dérision ; il faut le voir dans sa petite scène de "C'est la fin" où, comme tous les acteurs, joue son propre rôle ; il fallait oser !) !

      A.C.

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