The Revenant

Après l'attaque de leur campement par des indigènes, les trappeurs survivants d'une expédition se laissent menés par Hugh Glass, qui connaît la région comme sa poche et doit les mener jusqu'à bon port, le fort Kiowa. Cependant, sa rencontre avec une ourse grizzli va bouleverser ce projet. Gravement blessé, il est transporté par ses compagnons qui se rendent vite compte qu'il ne pourra tenir jusqu'au bout. Le chef de l'expédition, Henry, décide de le laisser sous la protection de Fitzgerald, de Bridger et de Hawk, le fils que Glass a eu avec sa défunte femme pawnee. Mais Fitzgerald, seulement motivé par l'appât du gain, tue Hawk sous les yeux de son père impuissant et enterre celui-ci à moitié, le laissant pour mort...

The Revenant (2015, 2h36), film américain d'Alejandro González Iñárritu, avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson, Will Poulter...

Sixième long-métrage du réalisateur mexicain Iñárritu, ce film vient juste après le déjà remarqué Birdman (qui était sorti sur nos écrans seulement un an auparavant) ; même si, en fait, on peut apposé ce qualificatif à chacun de ses quatre autres films. Il obtiendra trois Oscar et trois Golden Globe.

Voici donc un film bourré de paradoxes. Il se veut d'un réalisme très poussé et, à cause de cela, le moindre petit détail se remarque. Comme cette scène où DiCaprio se réveille en sursaut, monte sur son cheval et part dans un galop effréné parce qu'il est poursuivi par une bande d'indigènes. Le problème, c'est qu'il tire avec son pistolet à poudre (on est au tout début du XIXème siècle, M. Colt n'est pas encore passé par là) à plusieurs reprises, sans prendre la peine de le recharger (sic !). Une autre scène nous montre notre cher Leo (Hugh Glass) réussir à pêcher du poisson dans la rivière (dont la température de l'eau doit avoisiner les 0°C, mais passons) et se le manger cru, façon bon sauvage, alors qu'il s'était bien enquiquiner à faire du feu juste avant. Et ne parlons pas de la désormais fort célèbre scène de combat à mains nues (ou presque) avec une maman grizzli vraiment pas contente. Pour absolument magnifique qu'elle soit, cette scène n'est pas réaliste pour un sou. Sans arme, un être humain de 80kgs ne peut rivaliser avec un plantigrade de 2,5 m de haut une fois dressé sur ses pattes arrières et de plus de 200 kgs. Surtout quand la sécurité de ses petits sont en jeu. Alors certes il n'y aurait pas eu de film, mais quand même... Et je vous passe la plus grande invraissemblance, une autre scène forte de ce long-métrage qui n'en manque pas.

Mais The Revenant n'est pas qu'un film survivaliste ultra-(pas très)réaliste. C'est avant tout un long-métrage de réalisation. Tout comme le précédemment cité Birdman, mais de manière exponentielle, ce film est un petit bijou de mise en scène. Je ne sais pas où le réalisateur mexicain va chercher toutes ses idées, mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a le génie de les mettre en application. Et il le fait avec une telle maestria que ça en devient absolument époustouflant. Le spectateur en prend plein les yeux et les oreilles (mais pas forcément par une surenchère sonore). Les émotions sont fortes. On lutte contre le froid, la faim et tous les éléments hostiles en même temps que les protagonistes. Le spectateur en prend plein la gueule et vit une incroyable expérience de cinéma, pleine, entière, folle, démesurée. Alors certes le film est un poil long, mais on ne peut pas dire qu'on s'ennuie. Non, on en redemande presque. Seulement, vous qui lisez ces lignes à présent, s'il vous prend l'envie de voir ce film (si ce n'est déjà fait), vous risquez de ne plus avoir l'occasion de le faire sur grand écran et c'est bien dommage. La démesure de ce long-métrage se vit en salles obscures. L'expérience risque de perdre beaucoup de saveur arrivée dans un salon, même avec le meilleur matos home cinema qui soit.

Quant à savoir si Leonardo DiCaprio méritait son oscar du meilleur acteur. Oui, très certainement, mais en rattrapage de tous ceux qui lui sont passés sous le né auparavant.

note : III

A.C. de Haenne

Commentaires

  1. Je l'ai vu car il a fait tellement le tour, avec tant d'éloges qu'à la fin il était impossible d'y passer à côté. Je suis assez partagée au final. D'un côté, j'adhére à tout ce que tu dis au niveau de la réalisation (et du réaliste pas trop réussi), d'un autre j'ai trouvé qu'il y avaist de la violence gratuite et irréaliste, notamment le combat à la fin.

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    1. Oui, je vois ce que tu veux dire, mais je ne veux pas trop spoiler alors j'évite d'en parler (comme je ne fais qu'évoquer aussi une autre scène). La violence gratuite ? Je ne sais pas... J'imagine bien cette période, dans cette région du monde, aussi violente qu'elle nous est montrée à voir. C'est dur, certes, mais le reflet d'une vie rude et sans concession.

      A.C.

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  2. C'est beau mais un peu trop lent à mon goût (et je préfère quand y'a un petit grain de folie qui soutient la magnificence de la réalisation comme dans Birdman en fait ^^)

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    1. Tu veux dire que c'est un tout petit peu trop propre pour être parfait ?

      A.C.

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    2. Sans doute un peu trop oscarisable ça c'est sûr ^^. Mais après c'est surtout une question de goûts personnels...

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    3. Après, tu l'as vu où ? Sur quel support ?

      A.C.

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    4. Bel écran au cinéma et j'ai trouvé le temps long quand même ^^.

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    5. C'est là qu'il fallait le voir, c'est sûr ! Après, les goûts, les couleurs, toussa... ;-)

      A.C.

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  3. À mon avis, il a transformé ça en espèce de fable: plus ça avance plus le personnage est fort. On sort du réalisme pur.

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    1. Plus ça avance, moins c'est réaliste, c'est sûr. Le personnage de DiCaprio est déjà mort en fait, c'est pour ça qu'il ne peut plus mourir (je viens de la trouver, celle-la).

      A.C.

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    2. Non, ça ne marche pas puisqu'il est "historiquement" vivant...

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    3. Oui, mais métaphoriquement, il est laissé pour mort. D'ailleurs, pour moi, l'une des meilleures scènes de ce film reste celle où il sort de sa tombr, tel un mort-vivant. Un beau film de zombies réaliste, en fait !

      A.C.

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  4. Pas vu en salle et Di Caprio a assez pleuré pour avoir son Oscar. Pov' petiot ! Il a une place de libre dans son palace et n'avait pas de bibelot ? Quand au film, ben, les invraisemblances, j'aime pas trop alors je ne sais pas si tu m'as convaincu ou pas mais j'attendrai donc de le voir dans les bacs des boutiques d'occasion. Ce ne sont pas les films qui manquent pour combler nos soirées. Merci en tout cas pour ta chronique, toujours intéressante comme toutes les autres.

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    1. Si ça t'a (un peu) donné envie, mission accomplie ! Après, DiCaprio est un acteur assez sympathique quand même, et qui méritait une statuette depuis longtemps, alors...

      A.C.

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    2. On peut difficilement reprocher à Di Caprio d'avoir une statuette pour ce rôle là...

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    3. Tout le monde ne l'a pas trouvé convaincant dans ce rôle. Quoi qu'il en soit, ce rôle était parfait pour avoir une statuette, ne serait-ce que pour compenser toutes les occasions manquées d'en recevoir une...

      A.C.

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