Axis, de Robert Charles Wilson

Port Magellan est la capitale cosmopolite du nouveau monde, Equatoria, cette planète accessible grâce aux immenses arches installées sur Terre par les Hypothètiques. C'est là qu'est venue Lise Adams, jeune femme à la recherche de son père disparu. Grâce à Turk Findley, un pilote d'hélicoptère avec qui elle a eu une aventure dans le passé, elle semble tenir une piste. C'est alors que s'abat sur la ville une pluie de cendres des plus étranges...

Après le splendide Spin, et avant le très attendu Vortex (sortie nationale prévue pour le 22 août 2012, chronique à venir), il y a eu Axis, roman sorti chez nous voici quelques années déjà (2009 pour être précis). Contrairement à son habitude et, si j'ai bien tout compris, à ce qu'il avait prévu initialement, Robert Charles Wilson nous sert là une trilogie. Or, trop souvent avec les trilogies, le roman du milieu n'est qu'une sorte de ventre mou, tandis que le premier expose la réalité du monde à un lecteur pendu aux mots de l'écrivain, et que le dernier explose tel un feu d'artifice. Ceci n'est bien sûr pas une règle absolue. Cependant, Axis n'y échappe pas.

Dans Spin, Robert Charles Wilson nous narrait une histoire incroyable : dans un futur proche mais indéterminé, la Terre se retrouvait recouverte d'une sorte de membrane qui l'isolait du reste de l'univers. Outre le chaos dans lequel était plongée l'humanité (avec son lot de suicides, d'émeutes, et autres joyeusetés), l'auteur canadien nous montrait comment un homme ordinaire (le "héros" type chez Wilson), Tyler Dupree, tentait de comprendre ce qui (lui) arrivait. Et comme le Spin en question était apparu alors qu'il était enfant, on prenait le temps de découvrir qui il était vraiment, sa psychologie, ses doutes, etc. On avait surtout le temps de s'y attacher (ainsi qu'aux personnages secondaires, comme les jumeaux Diane et Jason Lawton, par exemple), de s'identifier à lui. En plus, vu qu'il s'agit d'un bouquin écrit de façon magistrale, cela peut (peut-être) expliquer le succès rencontré par ce livre, meilleure vente à ce jour de la collection Lunes d'encre chez Denoêl.

Avec Axis, dont l'action se déroule trente ans après la toute fin du précédent, on perd l'émerveillement de la découverte. Certes, l'ensemble du roman se passe sur Equatoria, la planète qui est reliée à la Terre par les arches gigantesques que les Hypothétiques - ces êtres extra-terrestres dont on ne sait au final pas grand-chose (d'où leur désignation si bien trouvée) - ont placées pour permettre aux humains de quitter leur planète menacée par le Soleil devenu énorme. Cependant, l'effet de merveilleux s'érode quelque peu. Cette intrigante pluie de cendres qui tombe sur Port Magellan au tout début du roman (il y en aura d'autres) pourrait être une des clefs du mystère des Hypothétiques. Les descriptions sont dantesques, mais la résolution, ou le début d'explication, tombe un peu à plat. Dans Axis, on découvre aussi les Quatrièmes Âges, qui ne sont autres que des humains âgés ayant subi un traitement martien (qui "nettoie" leur ADN), leur permettant d'acquérir une longévité supérieure. Ils sont poursuivis par une Agence spéciale parce que ce traitement (essayé la première fois par Jason Lawton dans Spin, lors de sa rencontre avec Wun Ngo Wen, le martien) est interdit. Malheureusement, ces évènements ne sont pas suffisants pour donner à l'intrigue assez de punch. Le lecteur ne se trouve pas autant embarqué que dans le premier opus. Peut-être aussi parce que l'effet d'attachement aux personnages, si prégnant dans Spin, est ici absent, parce que Turk Findley, aussi sympathique  soit-il (malgré sa part d'ombre), n'est pas Tyler Dupree. On ne le suis pas depuis l'enfance, mais seulement durant les quelques semaines de cette histoire.

Pourtant, malgré ses défauts, Axis s'avère tout à fait recommandable. Car, à mon humble avis, un roman de Wilson un peu "mauvais" (du moins, pas aussi bon que les autres) demeure un livre qui se situe dans le haut du panier de la production science-fictive mondiale. Certes, il supporte très mal la comparaison avec Spin, mais il demeure indispensable (du moins je l'imagine aisément) pour la compréhension finale de cette trilogie.

A peine posé celui-là, je me lançais déjà dans la lecture de Vortex, dont j'espère vous parler très bientôt.

note : II

A.C. de Haenne



Livre lu dans le contexte du défi Summer Star Wars VI




Commentaires

  1. Sur le coup je te trouve un petit peu dur avec ce livre...Certes il est nettement moins bon que Spin (en même temps vu le niveau), mais il n'est pas mauvais non plus. S'il avait été écrit par un autre on aurait dit pas mal.
    Son principal défaut est, comme tu l'as dit en préambule, d'être le tome 2 d'une trilogie...Vivement la publication de Vortex !!(bonne lecture à ce sujet).

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    1. "Car, à mon humble avis, un roman de Wilson un peu mauvais (du moins, pas aussi bon que les autres) demeure un livre qui se situe dans le haut du panier de la production science-fictive mondiale"

      Désolé de m'auto-citer, mais je ne crois pas dire autre chose dans ma chronique. Mais peut-être as-tu raison dans la perception de ma critique qui ne montre quasiment que des points négatifs, ou presque. Mais c'est tellement rare chez Wilson qu'il faut le signaler quand ça arrive. En tout cas, je dis bien qu'il s'agit-là d'une lecture tout à fait indispensable si on veut prendre la trilogie dans son ensemble (ce qui est, somme toute, assez logique).

      A.C.

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    2. En fait c'est le choix du mot mauvais, même avec toutes tes explications, qui m'a fait réagir et dire "un petit peu dur".
      Mais bon cet auteur fait partie de mon top 5 alors.....;)

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    3. Oui, je suis d'accord. Je dois bien t'avouer avoir hésité avant de le mettre. Cependant, je n'ai pas trouver le mot exact que je cherchais. Si tu as un synonyme un peu plus approprié, n'hésite pas à me le proposer...

      A.C.

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  2. Et Wilson fait aussi partie de mon Top 5 !

    A.C.

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  3. Spin fut une claque. Axis subit les revers de ce trop fort engouement. Comme hélas souvent pour le second opus (la "place maudite") d'une trilogie.

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    1. Mais cette règle qui s'applique en littérature semble ne pas s'exercer au cinéma (nombreux contre-exemples !)

      A.C.

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