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jeudi 22 septembre 2016

Challenge ABC 2016

Sur son blog Les lectures de Mariejuliet, Marie Juliet soumet à la blogosphère un challenge très original qui propose de lire vingt-six livres entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016, en respectant le principe "une lettre, un auteur" (règlement complet).




A - Ayerdhal Chronique d'un rêve enclavé (Fantasy)

B - Bradbury, Ray Farenheit 451 (Science-Fiction)


C - Caroll, Jonathan : Le Pays du fou rire (Fantasy/Science-Fiction)


D - Day, Thomas : Les cinq derniers contrats de Daemone Eraser (Science-Fiction)

E - Enge, James : Le sang des Ambrose (Fantasy)

F - Ferrand, Cédric : Watsburg (Fantasy)

G - Greenwood, Colin : Le pays de Cocagne (Fantastique, Science-Fiction)

H - Heliot, Johan : Françatome (Science-Fiction)

I - Ian McDonald : Roi du Matin, Reine du Jour (Fantasy)

J - Jaworski, Jean-Philippe : Chasse Royale (Fantasy)

K - Kivirähk, Andrus : L'Homme qui savait la langue des serpents (Fantasy)

L - Le Breton, Nicolas : Les âmes envolées (Steampunk)

M - Messac, Régis : Quinzinzinzili (Science-Fiction)

N - Newman, Kim : Anno Dracula (Steampunk)

O - O'malley, David : The Rook (Fantastique)

P - Priest, Christopher : Les Extrêmes (Science-Fiction)

Q - Queyssi, Laurent : Neurotwistin' (Science-Fiction)

R - Rosny ainé, J.H. : L'étonnant voyage de Hareton Ironcastle (Science-Fiction)

S - Silverberg, Robert : Le dernier chant d'Orphée (Fantasy)

T - Tolkien, J.R.R. : Les enfants de Hurin (Fantasy)

U - Ursula K. LeGuin : Les Dépossédés (Science-Fiction)

V - Vance, Jack : Cugel l'astucieux (Fantasy)

W - Willis, Connie : Le grand livre (Science-Fiction)

X - Xavier Mauméjean : Ganesha (Fantastique)

Y - Young, Robert F. : La quête de la Sainte-Grille (Science-Fiction)

Z - Zelazny, Roger : Apportez-moi la tête du prince charmant (Fantasy)

(pour information, je me permets trois tricheries - prévues par le règlement - avec les lettres I, U et X, pour lesquelles j'utilise la première lettre du prénom et nom celle du nom de famille)

A.C. de Haenne


mercredi 21 septembre 2016

Le pays de Cocagne (Take Back Plenty), par Colin Greenland

Coincée sur Mars, Tabatha Jute accumule les ennuis. A la suite d'une bagarre qui tourne mal, elle doit payer une lourde amende si elle ne veut pas se faire confisquer le "Alice Liddel", le vaisseau qu'elle pilote d'un bout à l'autre du système solaire. Séduite par un certain Marco Metz, elle accepte de l'emmener sur la station orbitale Cocagne, lui et sa bande d'artistes funambules. Mais il s'avère très vite que ce Marco est un plus beau parleur qu'il n'est bon payeur. Poursuivie par la police, les pirates et des extra-terrestres, elle risque aussi une avarie sévère de son vaisseau...

illustration de Patrice Giffard
Comme vous pouvez le constater avec ce petit résumé (du début, même si on dirait le résumé d'un livre entier), ce Le pays de Cocagne fourmille d'idées, parfois assez loufoques, mais qui fonctionnent toutes très bien. Parce que le but de Colin Greenland (un écrivain anglais pas très connu en France qui vit avec l'auteure elle aussi anglaise, Susanna Clarke, à qui l'on doit le très remarqué Jonathan Strange & M. Norrell) est de plonger son lecteur dans l'action, celui-ci vibre d'émotion en suivant les (mes)aventures de Tabatha Jute (à laquelle, je le confesse ici, une certaine Séléna Gyles doit beaucoup ; comprenne qui pourra !). Héroïne éminament sympathique, le capitaine du vaisseau-cargo est une femme forte au milieu d'un flot de testosterone. Elle se débat comme elle peut avec l'avalanche d'ennuis qui parfois la submerge et, pourtant, jamais elle ne baisse les bras.

J'ai vu à droite et à gauche des critiques qui trouvaient que ce roman peinait à satisfaire pleinement le lecteur car son action est poussive et qu'il est beaucoup trop long. Pourtant, moi j'y ai vu une belle histoire assez jubilatoire, menée à cent à l'heure, avec un personnage principal très humain (avec un sac qui la suit partout). Les dialogues entre Tabatha Jute et l'IA du vaisseau (Alice Liddel est bien sûr une référence à Lewis Caroll) sont aussi un point très intéressant car toujours bien trouvés, plein d'humour. Mais le ressort comique le plus réussi je trouve, c'est le suspense créé par les annonces répétées par le vaisseau des avaries sur le "cristal d'axe de crabot"! Pour comprendre cette assertion assez hermétique, je vous invite à lire le livre...

Au final, s'il est sûr que ce roman de space opera ne peut pas convenir à tout le monde (parce qu'il ne renouvelle pas le genre et qu'un lecteur avisé de ce sous-genre de la SF cherchera plutôt de la nouveauté), personnellement j'ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture. Pour tout dire, j'ai littéralement avalé ce pavé de 600 pages bien tassées. Ce livre est une bonne découverte que je relirai sûrement un jour !

Le pays de Cocagne (Take Back Plenty) - J'ai Lu - traduction de Luc Carrissimo - 604 pages - Cat. O - D.L. : décembre 2001

note : III

A.C. de Haenne

Cette chronique a été rédigée juste à temps dans le cadre de trois challenges. Les deux premiers s'arrêtent d'ailleurs aujourd'hui même :





Et enfin, le Challenge ABC 2016, à la lettre G, comme Greenland :








mardi 20 septembre 2016

S.O.S. Fantômes

Le Dr Erin Gilbert compte bien faire une belle carrière au sein de la prestigieuse université de Columbia. Seulement, un livre sur les fantômes qu'elle a co-écrit ressurgit des limbes du passé. Furieuse, elle part à la recherche d'Abby Yates, son ancienne amie avec qui elle a écrit le livre. Mais celle-ci refuse de le retirer du site de vente car c'est pour elle une source de revenus. Abby profite de ces "retrouvailles" avec Erin pour lui reprocher d'avoir ainsi fui la passion des fantômes qui les liait par le passé. Elle lui présente ensuite Jillian, avec qui elle travaille à présent, et c'est toutes ensemble qu'elles vont dans une vieille maison, où serait apparu un fantôme. Là, une découverte formidable va confirmer ce qu'elles ont toujours cru vrai... mais aussi ruiner la carrière d'Erin...

Ghostbusters (2016, 1h56), film américain de Paul Feig, avec Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Kate McKinnon, Leslie Jones, Chris Hemsworth, Charles Dance... 



Who you gonna call ?



Trente-quatre ans après le premier opus qui nous narrait les aventures de quatre chasseurs de fantômes qui traquaient l'ectoplasme dans Manhattan, nous revoici avec la même histoire, ou presque. Là, les quatre protagonistes sont plus du genre féminin et c'est peut-être la meilleure idée du film. Parce que, si ce film n'est pas totalement réussi, c'est tout de même un bon divertissement. Que demande-t-on à une comédie, sinon de faire rire ? Les quatre nanas y parviennent haut-la-main, avec tout de même en soutien une participation masculine de poids en la personne de Chris Hemsworth (qui joue le standardiste complètement nigaud mais tellement beau et costaud) qui s'en sort très bien sur le registre de la comédie.

Film très référencé par rapport à celui de 1984 (musique, cameo de tous les acteurs principaux du premier film, fantômes emblématiques, etc.), il prend tout de même son chemin propre. Bon, on n'épiloguera pas trop sur le scénario assez basique, le jargon pseudo-scientifique (exactement comme dans les premiers) pour justifier la présence des revenants, les invraisemblances grosses comme les buildings de Manhattan, etc. On préférera conserver de ce film les bonnes blagues (très souvent orientées en-dessous de la ceinture et c'est très souvent jubilatoire) et une 3D plutôt réussie (moi qui, habituellement, ne suis pas très fan). 

Bref, on ne s'ennuie pas et c'est déjà ça !

note : II

P.S. : quand je disais que tous les acteurs de 1984 faisaient une apparition dans ce film, forcément pour Harold Ramis, acteur et réalisateur décédé en 2014, il aurait été difficile de le ramener d'outre-tombe (sic !). Il a donc son buste dans un couloir près du bureau d'Erin Gilbert. On le voit au début du film.


jeudi 1 septembre 2016

L'Education de Stony Mayhall (Raising Stony Mayhall), par Daryl Gregory

1968. Sur une petite route de l'Iowa, par une terrible tempête, Wanda Mayhall conduit la voiture qui les ramène chez elles, elle et ses trois filles. Soudain, l'aînée s'écrie qu'elle a vu quelque chose sur le bord de la route. La mère arrête le véhicule et s'approche. Il s'agit d'un cadavre, celui d'une jeune fille. Mais dans son giron se trouve un bébé, gelé, que Wanda ne peut se résoudre à laisser comme ça, sur le bord de la route. C'est une fois arrivées à la maison qu'elles vont faire une découverte incroyable : le bébé est bien mort, mais il bouge. Ni une ni deux, elles décident de l'adopter. John, dit Stony, fait à présent partie de la famille Mayhall. Mais son état le met en danger, elles devront donc le cacher...

illustration d'Aurélien Police
De toute la vague zombie qui a déferlé en littérature, je n'ai lu qu'un seul livre et il s'agissait d'une petite pépite : World War Z, de Max Brooks. Non pas que le genre ne m'intéresse pas (je suis assez fan des très allégoriques films de Romero, entre autres), mais comme on ne peut pas tout lire, il faut bien faire des choix. Le bouquin de Brooks m'avait paru être un incontournable. Tout comme le roman de Daryl Gregory que je présente ici. Pour dire la vérité (et pour raconter un peu ma vie), lorsque j'ai rencontré l'auteur étasunien aux dernières Utopiales (très charmant, soit dit en passant), j'ai hésité entre deux de ses livres, tous les deux parus aux éditions Le Bélial'. Il y avait celui-ci, donc, et l'excellent roman Nous allons tous très bien, merci. De sombres considérations financières (les Utopiales, c'est le Mal) m'ont fait choisir ce dernier (oui, il est à 16€ seulement), tout en me disant que je finirais bien par trouver celui qui nous intéresse ici. Et c'est ce qui s'est passé cet été. Ainsi ai-je passé une courte partie de mes vacances à dévorer du zombie !

A l'instar de Glen Duncan et de son Le Dernier Loup-Garou, où une partie de l'intrigue était vue par le biais de la bête, Gregory nous expose lui aussi son histoire vue par les yeux de celui qui, d'habitude, est le monstre qui cherche à manger le cerveau du personnage principal. En grand amateur des genres et de la culture pop (il l'avait déjà montré avec son Nous allons tous très bien, merci, déjà cité), Daryl Gregory nous présente un monde en très léger décalage avec le nôtre. Un univers où les zombies existent vraiment (malgré toutes les possibilités scientifiques que cela implique, au grand desespoir du jeune Stony qui cherche à comprendre sa condition de mort-qui-bouge-malgré-tout) et où le film de Romero de 1968, La Nuit des morts-vivants, est un documentaire et non pas une fiction. Tout au long de sa "vie", qui au final sera relativement longue, Stony Mayhall n'aura de cesse d'éviter la Grande Morsure, cet instant où tout risque d'être bouleversé, où le monde basculera dans le chaos... Pourra-t-il vraiment faire en sorte que ce moment n'arrive jamais, quand bien même sait-il que ses semblables, pourchassés par les Fédéraux, sont de moins en moins nombreux ?

Beaucoup de choses nous sont racontées dans ce roman, et de merveilleuse façon. Bien plus encore que dans Nous allons tous très bien, merci, où l'auteur prenait grand soin de son style, ici Daryl Gregory cisèle ses phrases à la perfection (style très certainement rendu à la perfection par la traduction de Laurent Philibert-Caillat, déjà à la manoeuvre dans l'autre roman cité plus haut). Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, c'était déjà Aurélien Police qui signait l'incroyable illustration de Nous allons tous très bien, merci. Là, dans un style assez différent, il nous offre encore une magnifique couverture qui colle parfaitement à l'histoire. Pour l'anecdote, Daryl Gregory m'avait avoué qu'il appréciait beaucoup le travail de Police sur ses bouquins.

Si ma chronique de L'Education de Stony Mayhall vous arrive en ce début du mois de septembre 2016, ce n'est peut-être pas un hasard (ben oui, on ne sait pas ; les forces de l'esprit, tout ça...). En effet, je peux vous annoncer que ce roman splendide va poursuivre sa carrière en sortant en poche, le lundi 8 septembre, aux éditions Pocket. Vous n'avez donc aucune excuse : précipitez-vous dessus et dévorez-le à pleines dents ! Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, le nouveau roman de Daryl Gregory (enfin, nouveau, en ce qui concerne l'édition française), Afterparty, un techo-thriller déjanté comme il se doit, déboule sur nos étalages de librairie, le 22 septembre prochain (avec toujours le duo Philibert-Caillat/Police à la traduction/illustration ; que demander de plus ?) !

Bref, vous l'aurez compris, j'ai adoré ce petit bijou d'intelligence et de drôlerie, même si c'est souvent doux-amer.

L'Education de Stony Mayhall (Raising Stony Mayhall) - Le Bélial' - traduction de Laurent-Philibert Caillat - 448 pages - 23€ - D.L. : août 2014

note : IV

A.C. de Haenne

A signaler en passant que j'ai trouvé cette lecture de vacances dans la très belle médiathèque de Talmont-Saint-Hilaire (85).




mercredi 31 août 2016

Star Trek : sans limites

Après trois ans de mission dans l'espace infini, le capitaine Kirk se trouve en pleine déprime. Son anniversaire arrive (il se souvient de son père, décédé le même jour) et il semble ne plus rien avoir à attendre de son rôle de meneur au sein de l'USS Enterprise. Mais peut-être l'escale que lui et son équipage vont effectuer sur la station spatiale Yorktown va-t-elle le sortir de la morosité dans laquelle il s'englue depuis quelques temps. Une fois sur place, la responsable de la station lui présente Kalara, dont le vaisseau aurait été attaqué et qui aurait laissé son équipage sur une planète au-delà d'une nébuleuse inexplorée. Kirk accepte la mission de secours de l'équipage et part avec l'Enterprise. Mais une fois sur place, ils se font attaquer par une multitude de minuscules petits vaisseaux qui forment une sorte d'essaim...

Star Trek : Beyond (2016, 2h02), film américain de Justin Lin, avec Chris Pine, Zackary Quinto, Zoë Saldana, Karl Urban, Simon Pegg, Idris Elba, Sofia Boutella...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce troisième volet du reboot initié en 2009 sous l'impulsion de J.J. Abrams (et son Star Trek, ainsi que sa suite Star Trek : Into Darkness, qui date de 2013) ne brille pas par son scénario, pourtant co-signé par l'Anglais Simon Pegg. C'est assez linéaire et laisse peu de place aux surprises. Peut-être à l'image de ceux des épisodes de la série originale, mais j'étais trop jeune à l'époque pour bien me rendre compte de cet aspect-là des épisodes.

L'arrivée aux commandes de ce Star Trek d'un réalisateur habitué aux films qui vont à cent à l'heure (franchise Fast & Furious) démontre que les producteurs veulent ici donner un nouveau coup de booster à cette nouvelle génération de films Star Trek. Pourtant, j'avais eu l'impression que J.J. Abrams (qui demeure producteur sur cet opus) était déjà pas mal dynamique dans ses mises en scène (qui se caractérise par une utilisation un peu trop systhématique du lens flare).

Mais alors, que penser de ce nouvel épisode des aventures du capitaine Kirk, de Spock et consors ? S'il a perdu en noirceur et en profondeur par rapport à l'opus précédent, il n'en reste pas moins un bon petit film de space opera tel que le cinéma ne nous en donne pas assez à mon goût personnel. Visuelement magnifique sur certains aspects (l'arrivée dans la station orbitale donne à voir au spectateur un spectacle sidérant), beaucoup moins réussis sur d'autres (l'usage intensif de la CGI est un des gros soucis du cinéma hollywoodien à grand spectacle, mais ceci est un autre débat), l'aiguille de la balance finit par pencher vers le positif au final. L'autre point très positif, ce sont les maquillages. Comme d'habitude dans Star Trek (un peu à l'instar de son concurrent direct qui commence aussi par Star...), la grande variété d'espèces humanoïdes est ici bien soutenue par la qualité portée aux maquillages (à grand renfort de latex pour cetains). Mention spéciale pour celui de Sofia Boutella (une actrice algérienne qui a (presque) commencé sa carrière de comédienne en tenant un rôle (non crédité) dans Cordier, juge et flic...) qui donne ses traits à Jaylah, une magnifique extra-terrestre superbement maquillée.


En bref, si on n'est pas un Trekkie pur et dur (ce que je ne suis pas, même si j'apprécie l'univers créé il y a 50 ans cette année, que j'ai découvert en 1982, comme beaucoup de Français) et si on ne cherche pas un film de Hard SF, on pourra apprécier ce film tel qu'il est : un bon film sans autre prétention que de divertir.

note : II

A.C. de Haenne

A lire aussi les chroniques des blogo-potes Nevertwhere et Anudar...

Chronique réalisée dans le cadre du challenge Summer Star Wars VII :



lundi 22 août 2016

La tour de Babylone (Stories of your Life and Others), par Ted Chiang

Né en 1967, Ted Chiang est un écrivain de SF américain. Prolixe n'est vraiment pas l'adjectif qui le qualifierait le mieux. En effet, entre 1990 et 2015, il n'a publié que quinze nouvelles, dont un peu plus de la moitié sont réunies dans le présent recueil (initialement paru chez Denoël, dans la collection Lunes d'encre). Les différentes traductions de ces textes sont dues à Pierre-Paul Durastanti et Jean-Pierre Pugi :

illustration de Manchu
1 - La Tour de Babylone (Tower of Babylon) - trad. Pierre-Paul Durastanti

2 - Comprends (Understand) - trad. Jean-Pierre Pugi

3 - Division par zéro (Division by Zero) - trad. Jean-Pierre Pugi

4 - L'Histoire de ta vie (Story of Your Life) - trad. Pierre-Paul Durastanti

Louise Banks, linguiste réputée, est embauchée par le gouvernement (via les militaires) pour décrypter le langage des extra-terrestres qui viennent de débarquer sur Terre.  Comment comprendre une langue à mille lieues de nos repères habituels, surtout quand on ne possède aucun modèle de référence ? Qu'attendent de l'Humanité ces êtres venus d'outre-espace ? Même si elle est aidée dans sa tâche par un physicien, le défi pour la linguiste est immense, mais tellement beau...
Plus long texte de tout le recueil, cette Histoire de ta vie aborde le thème de l'altérité de manière assez subtile. Mais ce qui rend unique cette novella, c'est sa forme. En effet, quand Louise Brooks décrit son patient travail de décryptage du langage extra-terrestre, elle le fait à la première personne, au passé. Entre ces descriptions s'insèrent des textes où cette même Louise Banks parle à sa fille à naître (et à mourir, dans une sorte de compte-à-rebours pré-cognitif assez troublant). Très déconcertante au début, cette forme particulière donne toute sa force à un texte magnifique qui nous interroge sur notre condition d'êtres humains.
A signaler qu'en décembre 2016 sort sur nos écrans une adaptation cinématographique signée Denis Villeneuve (Incendie, Prisoners, Enemy, Sicario...), avec la magnifique Amy Adams pour interpréter le rôle de Louise Banks. A voir, donc, comment un réalisateur intéressant peut s'emparer d'un matériau aussi complexe et assez éloigné des standards hollywoodiens pour en faire son oeuvre propre...
illustration de Manchu

5 - Soixante-douze lettres (Seventy-Two Letters) - trad. Jean-Pierre Pugi

6 - L'Évolution de la science humaine (The Evolution of Human Science / Catching Crumbs from the Table) - trad. Pierre-Paul Durastanti

7 - L'Enfer, quand Dieu n'est pas présent (Hell is the absence of God) - trad. Pierre-Paul Durastanti

8 - Aimer ce que l'on voit : un documentaire (Liking what you see, a documentary) - trad. Jean-Pierre Pugi

9 - Notes sur les textes - Notes, trad. Pierre-Paul Durastanti & Jean-Pierre Pugi



La tour de Babylone (Stories of your Life and Others) - Gallimard FolioSF - traductions de Pierre-Paul Durastanti et Jean-Pierre Pugi - 416 pages - F8 - D.L. : avril 2010

A signaler un avis constrasté (mais pas sur la nouvelle chroniquée ici) de Gromovar, sur son blog...

Ray's Day : lisez des livres !

Depuis quelques années déjà, une sorte de fête de la lecture et du livre dans tous ses états s'est mise en place sur l'internet de manière non institutionnelle. Il s'agit du Ray's Day. Pour faire une petite explication de texte, Le Jour de Ray célèbre l'anniversaire du grand auteur de fantastique et de science-fiction qu'était Ray Bradbury. Auteur, entre autres, du célébrissime Fahrenheit 451 (qu'on ne présente plus). Décédé en 2012, l'écrivain américain aurait eu 96 ans aujourd'hui. Alors, pour lui rendre hommage, lisez, faites lire, achetez des livres, donnez-en, parlez de votre livre préféré, de celui que vous détestez le plus, etc. En ce jour de fête, il faut faire en sorte que le livre, objet merveilleux s'il en est, soit au coeur du monde et inonde la toile !
Pour ma part, j'ai choisi de parler du tout dernier livre que j'ai lu. En fait, non (parce que je ne fais rien comme les autres, si, si), je vais plutôt vous parler de la toute dernière novella que j'ai finie de lire, aujourd'hui même. En suivant ce lien, vous pourrez aller lire cette chronique inachevée du recueil, mais aboutie de L'Histoire de ta vie, par Ted Chiang...