Lunes d'encre

A l'occasion du treizième anniversaire de la collection Lunes d'encre, les éditions Denoêl organisent une sorte de challenge sobrement intitulé 13 ans, 13 blogs. Durant tout le mois d'octobre, treize blogueurs, dont votre serviteur fait partie, sont invités à chroniquer leur roman préféré paru dans la fameuse collection (et encore disponible à ce jour). Une fois cela dit, et à présent que le mois d'octobre touche à sa fin, le plus dur reste à faire...


Eh oui, comment choisir un seul roman parmi les cent trente-cinq parus à ce jour dans la fameuse collection créée en 1999 par Gilles Dumay (toujours directeur de la collection), le dernier en date étant La Maison des derviches, de Ian McDonald (sorti le 12 octobre 2012) ? Tâche malaisée s'il en est tant cette collection de référence (n'ayons pas peur des mots) a produit des livres de qualité qui, à chaque fois que j'en ai lu un, ou presque, m'ont fait éprouver un grand plaisir de lecture...


A moins bien sûr d'être rigoureux et de procéder par élimination. Déjà, je peux enlever tout ceux que je n'ai pas lus. Malheureusement, ils sont assez nombreux (des romans de Norbert Merjagnan à ceux de Karl E.Wagner en passant par ceux de Zelazny, pour ne citer que ces trois là, il y en a encore beaucoup qui me font de l'oeil...). Dans ma bibliothèque, il reste aussi quelques titres que je n'ai pas encore eu le temps de lire.


Ensuite, je peux aussi mettre de côté tous les livres que j'ai lus et qui ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable. Pas des mauvais romans bien sûr (est-ce qu'il y en a dans cette collection ?), mais des opus quelque peu mineurs dans la carrière de leur auteur. Je pense à Le souffle du temps, du regretté Holdstock, Des parasites comme nous, d'Adam Johnson, ou même La Partition de Jericho, de René Réouven...


Il y a aussi les bonnes découvertes que j'ai faites grâce à cette collection. Tout de suite me vient à l'esprit l'excellent AD Noctum, de Lamarque et Portrait, ce roman fix-up de deux auteurs bordelais totalement inconnus jusque-là. Il y a aussi L'équilibre des paradoxes, de Michel Pagel, qui fut un excellent moment de lecture. Pourtant, malgré les grandes qualités de ces deux romans, ils ne peuvent faire partie de mes favoris (eh oui, choisir, c'est trahir comme dit l'adage populaire...)


Avec Lunes d'encre, il y a aussi eu le choc L'échiquier du Mal, de Dan Simmons. Réunie dans une intégrale de mille pages, cette oeuvre écrite de façon magistrale aurait très bien pu être tout en haut de mes romans préférés mais... non. Définitivement, non.


Et puis, il y a eu tous ces romans formidables : Roi du matin, reine du jour, de Ian McDonald, Destination Ténèbres, de Frank M. Robinson, etc., auxquels il ne manque pas grand-chose pour atteindre les sommets... 


Arrive enfin le moment de vous parler de trois auteurs que j'ai découverts grâce à Lunes d'encre, et qui ont beaucoup de choses en commun. Outre le fait qu'ils soient tous les trois britanniques, ces trois romanciers possèdent un style remarquable qui met en exergue une densité de propos rarement atteinte en littérature. Je veux bien sûr parler de Mary Gentle, et son incroyable tétralogie Le Livre de Cendres, de Christopher Priest, et de son remarquable La Séparation, et de Robert Holdstock qui, avec sa série des Mythagos (close en 2012 par le posthume Avilion), nous a servi une oeuvre de Fantasy d'une originalité folle... Alors, pourquoi pas l'un d'entre eux ?


Parce qu'il y a Robert Charles Wilson ! Découvert grâce à Les Chronolithes (en FolioSF, certes, mais comme il est toujours disponible en Lunes d'encre...), cet auteur canadien a été pour moi une véritable révélation qui s'est confirmée grâce à Spin (qui, en 2007, ouvrait de la plus belle des manières une trilogie qui s'est refermée cette année avec Vortex, après Axis en 2009). En 2011 sortait le très bon Julian (ce n'est pas l'avis de tous), qui confirmait tout le talent de Wilson. Et puis, cette année, grâce à mon bouquiniste, j'ai découvert un ancien livre (paru en V.O. en 1991 et arrivé chez nous en 2010), A travers temps, qui est mon Wilson préféré jusqu'à présent parce que j'y retrouve tout ce qui me plait chez lui : son style sobre et pourtant magnifique, ses préoccupations humanistes et écologistes qu'il n'assène surtout pas au lecteur, etc. Malgré tout, aucun des romans de Robert Charles Wilson n'est mon Lunes d'encre préféré...

Alors, quel est-il ?

" Je parle et parle, je tisse un sortilège, une pâle peau de paroles qui m'enferme comme un cercueil. "

Ainsi débute le deuxième chapitre de Grendel, le roman écrit par John Gardner en 1971 et réédité par Lunes d'encre en 2011. Texte court et incantatoire, au style magnifique comme une dentelle (merci à David Z. pour cette très belle image), Grendel a été pour moi une découverte incroyable qui continue de me marquer profondément. John Gardner, disparu en 1982, nous livre là une oeuvre puissante et dense sur 150 pages d'une beauté renversante. Et même si certaines références psychanalytiques ou philosophiques ont eu tendance à m'échapper, j'ai très vite pris conscience que je tenais entre les mains un bijou de littérature.



Sans aucune contestation possible, Grendel est mon Lunes d'encre préféré.




A.C. de Haenne




Commentaires

  1. Mazette, quelle déclaration !

    T'as bien mérité tes 2 briques d'Omale.

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  2. Je devrais les recevoir très bientôt !

    A.C.

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  3. Voilà, je viens de recevoir (après quelques péripéties...) mes exemplaires, et ils sont vraiment magnifique !

    A.C.

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  4. Omale, c'est sur ma liste au Père Noël!!

    Grendel, donc.

    faut que je me le procure. Ainsi que Charles Wilson que je n'ai jamais lu encore (plus le Dan Simons qui est sur ma liste au Père Noël également, parmi la dizaine de titres).

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    1. Pour Wilson, je te donnerais bien le conseil entendu en podcast de Gilles Dumay qui disait de commencer par Les Chronolithes...

      Et, Grendel, oui.

      A.C.

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