Bifrost n°70 : Stephen Baxter

Pour ce soixante-dixième opus de la revue, l'équipe de Bifrost nous a concocté tout un dossier autour de l'auteur anglais Stephen Baxter.

illustration de Manchu
Dans son traditionnel éditorial, Olivier Girard tente de nous montrer l'importance d'un écrivain tel que Stephen Baxter et, par la même, nous explique pourquoi il fallait faire ce numéro autour de lui. 

Ensuite viennent cinq nouvelles, dont deux ont été écrites par Stephen Baxter himself.

L'Invasion de Vénus est une sorte de space opera, mais vu par le petit bout de la lorgnette. C'est la première signée Baxter. Deux Terriens devisent de l'invasion de la planète Vénus et de ses habitants (?) par des extraterrestres, ainsi que des conséquences de cet événement sur le système solaire. Plutôt sympathique. A signaler la magnifique illustration en noir et blanc signée Francisco Varon (l'auteur de la couverture du numéro précédent). La nouvelle suivante, La tête raclant la lune, est due à la plume de Catherine Dufour, une habituée de la revue. On retrouve Ulalee Giampietro, le lieutenant de police de Seattle que l'on avait découvert dans Un temps chaud et lourd comme une paire de seins (au sommaire de l'anthologie Utopiales 2009, parue chez ActuSF). Dans ce monde aux références inversées, elle va mener une nouvelle enquête où il est question de serpent, mais pas que. Glauque et glaçant à souhait, on en redemande ! Avec Aleph-zéro, voici venir un petit nouveau, Olivier Caruso. Dans cette nouvelle totalement loufoque qui m'a beaucoup fait penser à du Jérôme Noirez (et, notamment, son Feverish Train), deux personnages se défient dans les compartiments d'un train, jusqu'à l'incroyable résolution finale dont je ne dirais rien. Une belle découverte ! La quatrième nouvelle est signée Xavier Mauméjean qui, non seulement a son rond de serviette dans les pages fiction de Bifrost, mais en plus est un collaborateur régulier de la revue. Dans Les Mémos Wayne, succession d'extraits d'archives, il imagine comment les services secrets soviétiques, Léon Trosky en tête, ont pu faire basculer le célèbre milliardaire de Gotham City à leur cause. Très malin (d'autant que l'auteur met en exergue une citation (véridique ?) de Daryl Leyland, le "héros" de son dernier roman, American Gothic) et pas si anecdotique qu'il pourrait paraître à première vue. Pour clore le cahier fiction de ce nouvel opus de Bifrost, on a droit à une deuxième nouvelle de Stephen Baxter. Diagrammes du vide est une véritable nouvelle de space opera qui s'inscrit dans le célèbre cycle de l'auteur anglais, les Xeelees. Ce texte relativement court nous propose une vertigineuse aventure cosmique. C'est incroyablement bon !

Après un cahier critique d'une quarantaine de pages, le lecteur est invité à connaître un peu mieux Stephen Baxter.
Tout d'abord, la revue nous propose un long entretien (mené par Emmanuel Tollé) avec l'auteur anglais, qui nous parle de lui, de son parcours, de ses influences et aussi de ses collaborations avec d'autres écrivains (Arthur C. Clarke et Terry Pratchett).
Ensuite, on a droit à un dispensable texte de Baxter lui-même, sobrement intitulé Enfants de la singularité urbaine : les paysages industriels de Grande-Bretagne et l'imagination en science-fiction. Pas mal écrit,  plutôt intéressant dans son ensemble, ce bref essai sur l'Histoire de la ville de naissance de Stephen peut être un éclairage intéressant sur l'auteur britannique. Cependant, le lecteur de Bifrost peut se poser des questions quant à la pertinence de ce texte dans une revue de SF, d'autant qu'il est beaucoup trop long.
Vient alors la partie la plus intéressante du dossier Baxter, signé de nouveau par un Emmanuel visiblement au taquet sur l'écrivain venu d'outre-manche. En douze pages, le chroniqueur revient sur la partie la plus importante (qualitativement plutôt que quantitativement) de l'oeuvre baxterienne : les Xeelees. Il terminera même son papier par une vertigineuse chronologie de l'univers inventé par Baxter. C'est si bien trouvé que cela donne vraiment envie de se lancer dans cette ambitieuse histoire du futur peuplé d'extraterrestres.
Ensuite, on a droit à un nouveau cahier critique, pour passer en revue les romans de Baxter les plus importants parmi ceux qui ne relèvent pas du Cycle des Xeelees.
Enfin, tout dossier bifrostien bien mené se doit de se clore par une bibliographie exhaustive signée Alain Sprauel (8 pages tout de même !)

Dans sa rubrique Scientifiction, le bon professeur Lehoucq s'adjoint les services d'un paléontologue, J. Sebastien Steyer, pour nous parler des menaces invisibles, des radiations aux virus, en passant par la radioactivité et les microbes. Tout y passe, même la kryptonite ! Comme à chaque fois, c'est passionnant !

Dans la dernière rubrique, Org nous parle de quelques sorties, et Pierre-Paul Durastanti nous allèche avec une sélection de livres de poche.

Voilà, avec ce soixante-dixième numéro, la revue Bifrost renoue avec un auteur dont elle tente de brosser un portrait le plus complet possible. En attendant le prochain (spécial Michel Pagel) qui ne devrait plus tarder à présent, celui-ci était vraiment très bon.

note : III

A.C. de Haenne

Cette chronique fait coup double. Non seulement elle parle de nouvelles que j'ai lues (challenge JLNN), mais en plus au moins deux d'entre elles relève du space opera, sans parler de tout le dossier baxter qui ne parle que de ça, ou presque (challenge Summer Star Wars épisode 1)








Commentaires

  1. Fasciné par la nouvelle de Mauméjean, la manière dont il mêle fiction et réalité et en gomme la distinction (as-tu remarqué que des passages de la nouvelle sont copiés/collés d'articles de mythopédia ?).

    Réfléchir en s'amusant ? Lisez Mauméjean !

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  2. Ben non ! Pour la simple (et bonne) raison que je découvre l'existence de ce site avec ton commentaire. Oui, ce qu'il fait avec cette nouvelle est très malin (comme toujours, serais-je tenté d'ajouter).

    En tout cas, je ne peux qu'être d'accord avec toi : Lisez Mauméjean !

    A.C.

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  3. Par "mythopédia", j'entendais "wikipédia".


    Sinon, je ne partage pas ton avis sur la non pertinence de la présence de l'article de Baxter "Enfants de la singularité urbaine" dans les pages de Bifrost. L'historique (sur un temps long) de la mutation d'une ville et l'influence sur ses habitants, c'est un sujet typiquement SF, non ?
    En terme d'élargissement du champ spatio-temporel, de perspective, de prise de distance, ça colle en tout cas. 'fin, me semble.


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    1. Tu admettras qu'il fait quand même un peu bouche-trou, cet article. Mais je l'ai lu sans déplaisir, donc je ne me suis pas senti floué (d'autant que j'aime aussi l'Histoire).

      A.C.

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