Interview d'Isabelle Guso (4/4)
[ATTENTION ! Cette interview date de 2010 !]
Me revoilà donc, dès la première heure de ce samedi 25 septembre, pour vous proposer la lecture de cette dernière partie.
A.C. de Haenne : Quelle a été ta réaction quand tu as reçu la bonne nouvelle de ton éditeur ?
Isabelle Guso : C’est là que j’aimerais pouvoir raconter quelque chose de plus
classique. J’ai eu un manuscrit accepté cette année. Une trilogie de 2000000 signes, trois ans de boulot et une éditrice tellement conquise qu’elle m’a appelée pour me le dire. Son directeur de Comité de lecture voulait poser une option sur le manuscrit (il ne l’avait pas encore fini) pour être sûr que quelqu’un d’autre ne le prendrait pas avant. C’est l’aboutissement de tout un travail et c’est très flatteur.

Mais pour Présumé Coupable, l’histoire est très différente. Mon éditrice m’a honteusement manipulée pour que j’écrive ce livre. Elle est le « on » à l’origine du lien qui est à l’origine de l’histoire (vous suivez ?). J’avais commencé de moi-même à lui parler d’un sujet et nous nous sommes trouvé des points de vue communs. Puis elle m’a envoyé ce lien comme un éclairage de ce dont nous parlions. Je l’ai suivi et ce que j’ai lu a fait naître le besoin d’écrire une histoire sur le sujet. Ce qui a été accueilli par un magistral « ça tombe bien, j’aimerais éditer quelque chose sur le sujet ».
Normalement, le projet aurait dû prendre plus de temps, elle ne s’attendait pas à recevoir une soumission cinq jours plus tard. Cependant, il n’y avait aucune certitude qu’elle accepte. Contrairement à ce qu’on pense parfois, une petite maison d’édition ne peut pas se permettre de publier un mauvais livre par copinage. Surtout le livre d’une inconnue dans le milieu ! Il fallait donc que le manuscrit soit à la hauteur de ses attentes.
Quand je lui ai envoyé le mail, elle m’a dit qu’elle lirait ça quand elle pourrait mais qu’elle manquait de temps en ce moment. Puis le soir même, quelques heures plus tard, elle m’a juste écrit qu’elle l’avait lu et qu’elle en pleurait. Ma réaction spontanée (et sincère) a été de lui demander si elle pleurait parce qu’elle était émue ou parce que c’était si mauvais qu’elle était consternée. J’ai attendu la réponse jusqu’au lendemain. Chouette nuit !
En toute honnêteté, quand on écrit quelque chose aussi vite, on n’a plus aucun recul dessus, ce qui fait que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Alors quand elle m’a dit que oui, le manuscrit était accepté, j’ai ressenti quelque chose d’assez indéfinissable. Je crois que j’étais avant tout soulagée de savoir que « j’avais été à la hauteur » et très émue, à titre personnel, de savoir que je l'avais touchée, elle.
Maintenant, je suis un peu dans la même attente vis-à-vis du lecteur. Plus que l’éditeur, c’est lui que je veux atteindre par cette histoire. Et je doute qu’il me dise le soir même de la sortie ce qu’il en a pensé. Mais peut-être que certains pleureront, qui sait ?
A.C. : Alors, voilà Isa, nous approchons de la fin de cet entretien. Je tenais vraiment à te remercier pour la sincérité de tes réponses. Elles ont permis, il me semble, de lever un voile sur l'écrivain que tu es, et sur la sensibilité de la personne qui se trouve derrière. Je te laisse, à présent, le mot de la fin.

A.C. De Hænne
Vos récents commentaires semblent indiquer que cet entretien vous a plu, et je m'en réjouis. Je vous remercie toutes et tous ! Intrigué par l'allusion d'Isa sur cette prochaine publication, j'ai découvert que le roman en question n'était autre qu'une trilogie que j'avais eue entre les mains du temps où je faisais partie du Comité de Lecture d'Argemmios. Comme j'ai beaucoup apprécié cette période, ça m'a donné envie de poser quelques questions supplémentaires à Isa. Nous nous sommes donc donné rendez-vous pour une prochaine interview. À très bientôt, donc...
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