Bifrost n°71 : Michel Pagel

Pour cette soixante-et-onzième fournée, la revue Bifrost a voulu s'arrêter sur un auteur discret, mais néanmoins talentueux, du paysage de l'Imaginaire francophone : Michel Pagel. Etant un grand fan de l'un de ses chefs d'oeuvre, L'équilibre des paradoxes (paru tout d'abord au Fleuve Noir (1999), puis dans une superbe intégrale en Lunes d'encre (2004), c'est peu de dire que j'attendais ce numéro de ma revue préférée. Et que le résultat n'a pas été totalement à la hauteur de mes attentes. Mais n'anticipons pas.

illustration de David Lecossu
La revue s'ouvre sur le traditionnel éditorial d'Olivier Girard, qui revient sur les chiffres de vente dans l'édition. C'est aussi long qu'éclairant.

Ensuite, on a droit à pas moins de trois nouvelles, dont une inédite de l'auteur qui est mis en valeur dans le présent numéro. Longue de 24 pages, Cosplay, de Michel Pagel donc, n'est pas inintéressante. Elle nous narre les aventures d'hommes et de femmes qui, dans un futur indéterminé, luttent pour leur survie dans un monde dystopique en se transformant le plus possible en personnages de la culture pop. Très bien écrite, cette nouvelle ne m'a pas transporté. Peut-être la faute au décalage de génération entre l'auteur et moi, je ne saurais le dire exactement. Vraiment dommage. Avec Le choix du quêteur, Thierry Di Rollo nous revient avec une nouvelle clairement en deux parties. Dans la première, il est question d'un affrontement verbal entre Milestone, le second du vaisseau-cargo Sorgo qui s'est retranché dans la grande serre et Brodie, la capitaine, qui tente de l'en déloger. De la deuxième partie, je ne vous dirais rien pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte et de la lecture, qui est énorme. C'est malin et très bien écrit. Décidément, j'aime de plus en plus Di Rollo en tant que nouvelliste. Dans la troisième et dernière nouvelle proposée ici, Paul McAuley nous fait suivre une femme, d'origine chinoise, qui a accepté l'exil volontaire sur une exoplanète, afin d'y refaire sa vie. Perdue en rase campagne dans un monde étrange, elle rencontre un homme un peu "spécial". C'est alors que les ennuis commencent. Je n'aurais qu'un mot pour qualifier cette nouvelle : magnifique.  

Ensuite, c'est un cahier critique de pas moins de quarante-cinq pages et une petite visite à la librairie l'Antre-Monde qui nous sont proposés.

Vient alors le dossier "Michel Pagel" proprement dit. Et c'est là que ma déception atteint son maximum. En effet, il ne sera pas question de critiques des incontournables du romancier français, seulement d'une interview, complétée par une indispensable bibliographie. On me répliquera que l'entretien en question fait près de cinquante pages, ce qui n'est vraiment pas rien. Certes, j'en conviens, mais il n'empêche que je reste sur ma faim, malgré tout l'intérêt que j'ai trouvé en lisant les réponses de cet auteur très discret. (édit : un guide de lecture des romans de Michel Pagel est disponible en ligne)

Dans sa chronique scientifique ScientiFiction, le bon professeur Lehoucq s'associe de nouveau au paléontologue J. Sébastien Steyer afin de répondre à cette question : "Comment survivre à un contact alien ?". Passionnant (comme toujours !).

Enfin, après une recension faite par Org des différents prix décernés au moi de mai (G.P.I., Nebula et Imaginales), Pierre-Paul Durastanti nous parle des différentes sorties poche qu'il ne faut surtout pas rater.

Au final, malgré ma déception quant au dossier Michel Pagel, il n'en reste pas moins que la qualité de l'ensemble de la revue me fait tout de même largement avaler la pilule. Et si vous ne connaissez pas encore cet auteur, ce sera un très bon moyen de le faire. Un bien meilleur serait de le lire, et vite !

Pour commander ou vous abonner, c'est par ici.

note : III

A.C. de Haenne

chronique réalisée à l'occasion d'un doublé de challenge, le Summer Star Wars (mon ultime chronique pour cette édition) et le JLNN :




Commentaires

  1. On peut trouver un cahier critique de Pagel sur le site du Bélial. Ils l'ont publié peu après la sortie du numéro.

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    1. Ce qui est très bien ! Merci pour la précision. Mais j'aurais quand même bien aimé l'avoir en papier... Cela me fait penser que j'ai oublié quelques détails dans ma chronique.

      A.C.

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  2. Tu m'as donné envie de le télécharger, du coup j'ai lu l'édito, assez sombre : je suis vraiment étonné par les chiffres de vente, assez dingues… ! En espérant que l'ère du numérique amène un nouveau souffle à la littérature "de genre" (je n'aime vraiment pas ce terme).

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  3. Bon, les éditos d'Olivier Girard sont rarement d'une folle gaieté. Heureux que ma chronique t'ai donné envie de lire la revue ! Bon, l'ère du numérique, on l'attend toujours (y'a un peu d'ironie dans ce propos). Bienvenue par ici, Escrocgriffe !

    A.C.

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  4. Tu me rassures ^^ Merci pour ton accueil !

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