Interstellar

Dans un futur proche, alors que la Terre est en train de subir une grave crise écologique (problème de fertilité des sols, nuages de poussière, etc.), l'Humanité se demande quel sort lui réserve l'avenir. Joseph Cooper, un ingénieur et ancien pilote d'essai pour la NASA, s'est depuis longtemps reconverti dans l'agriculture. Il exploite une ferme avec ses deux enfants. Mais lorsque Murphy, sa fille de dix ans, lui dit qu'un fantôme la harcèle dans sa chambre, il la met au défi de trouver une explication scientifique à ces phénomène. Finalement, elle se rendra compte qu'une force inconnue tente d'entrer en contact avec elle grâce aux ondes électro-magnétiques. Intrigué, Cooper découvre que le "message" ainsi transmis n'est autre qu'un ensemble de coordonnées. Il se rend sur le lieu que celles-ci renseignent...

Interstellar (2014, 2h49), film anglo-américain de Christopher Nolan, avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine...

Je ne me suis jamais caché que ce que je recherche dans le cinéma (entre autres choses, bien sûr), c'est le dépaysement. Le fait de me retrouver propulsé très loin de mon quotidien. J'aime ce voyage immobile que représente l'expérience cinématographique (en salle, s'entend parce que le fait de regarder un film chez soi, même dans les meilleures conditions d'image et de son possibles, n'est pas la même chose). Pour le coup, avec le dernier (très)long-métrage du réalisateur Christopher Nolan, je suis servi.

Pour en être débarrassé, je vais tout d'abord vous parler des choses qui fâchent. Le principal point noir de ce film, c'est la musique de Hans Zimmer (qui, je viens de le découvrir, a débuté sa carrière pléthorique en co-composant le film Histoire d'O, chapitre 2 !). Elle est tout simplement insupportable ! Je me suis même surpris à me demander pourquoi elle était aussi présente à certains moments où cela ne se justifiait pas. Un comble, tout de même. On ne va pas dire qu'elle a contribué à me gâcher le film, mais c'était tout juste limite...

En ce qui concerne le casting, comme d'habitude avec Nolan, on a droit à du "trois étoiles" (sans mauvais jeu de mots). Outre le fidèle (euphémisme ?) Michael Caine, on retrouve avec bonheur Anne Hathaway, qui avait déjà joué dans un film du réalisateur anglais, The Dark Knight Rises, où elle campait une magnifique Selyna Kyle, parvenant (presque) à nous faire oublier Michelle Pfeiffer dans le même rôle (en 1992, dans le film de Burton). En ce qui concerne les nouveaux venus, il y a bien sûr Matthew McConaughey, l'acteur incontournable du moment et Jessica Chastain, l'actrice incontournable du moment. Il y a aussi toute une liste de seconds rôle qu'il serait vain de détailler ici.

Le scénario, original - il est toujours bon de signaler cet élément, loin d'être un détail en ces temps d'adaptations et de remakes à tous crins - est dû à la plume du réalisateur et de son propre frère (comme la plupart des films de Christopher Nolan d'ailleurs). Sans être d'une originalité folle, il permet l'exploitation de belles idées scientifiques rendues accessibles au commun des mortels qui n'ont pas tous, forcément, un doctorat en astrophysique. Même si j'imagine que l'on doit pouvoir trouver ces mêmes idées dans de nombreux romans de SF, on ne peut pas dire qu'elles aient été souvent exploitées au cinéma.

La réalisation est parfaite, comme souvent dans les films de Nolan. D'aucuns lui reprocheront de ne jamais laisser la place au hasard ou aux petits détails, mais je crois tout de même qu'elle permet une exposition spectaculaire d'un scénario qui pousse, justement, au spectacle. La critique de trouver tout cela vain est facile. Je crois pour ma part que Nolan parvient à mettre en place des choses là où d'autres échouent. Je ne suis pas sûr que, justement, tout cela soit si vain que cela. Certes les incohérences ou les raccourcis émaillent ce long-métrage (comment faire autrement si on veut faire tenir autant d'idées et de kilomètres parcourus en moins de trois heures de film ?), mais il n'en reste pas moins que cet Interstellar est un superbe film sur la relation père-fille. Peut-être pas aussi intimiste que nombre de films français qui ont pu traiter du même sujet. Rien que pour ça, c'est un film à voir. 

Bref, vous l'avez compris, j'ai beaucoup aimé ce film. Bizarrement, malgré ses presque trois heures, j'ai eu la surprise de ne jamais m'ennuyer, et de même le trouver trop court. Encore !

note : III

A.C. de Haenne


A lire aussi la chronique beaucoup plus nuancée (c'est peu de le dire) de l'ami Escroc-griffe sur son blog...
  

Commentaires

  1. Il y a plein de défauts dans ce film, mais un vrai film de SF sérieux c'est tellement rare de nos jours, et il y a un tel souffle dans ce film que je me suis laissé embarqué dans ce grand voyage !

    Et j'ai beaucoup aimé la musique de Zimmer, qui tente quelque chose de différent avec l'orgue, tout en rendant hommage à la musique de 2001 (tout comme lui film lui rend hommage d'une certaine manière). ;)

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    1. Oui, même que l'hommage à 2001 est parfois appuyé, notamment le passage de notre monde à celui de l'autre côté du trou de ver. J'ai oublié d'en parler mais il y a tellement de choses à dire qu'il est difficile d'être exhaustif.

      Et je suis d'accord avec toi sur le souffle épique tellement important qu'on ne veut quitter son siège. Je pense qu'en le revoyant, même en blu-ray, on risque de perdre pas mal de choses.

      A.C.

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  2. La musique m'a aussi semblé quelque fois un peu trop présente, voir beaucoup sur certaines scènes. Sinon le reste du temps, j'ai plutôt apprécier.
    Après je vais au cinéma pour le spectacle, je me doute qu'il a des défauts, mais comme je n'y vais pas dans l'idée d'en trouver, je laisse de cotés les invraisemblances.
    Les acteurs sont convaincants et c'est une belle réalisation. Après j'avoue que Matthew ne me rend pas forcement très objective.

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  3. Les invraisemblances m'ont paru moins évidentes que sur un film comme "Prometheus", par exemple. Je ne cite pas ce film en particulier pour enfoncer le clou, mais parce que c'est l'exemple qui m'est tout de suite venu de long-métrage comparable dans l'ambition.

    A.C.

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  4. Je comprends que tu aies aimé « Interstellar », pour ma part c’est le film que j’aurais adoré… adorer ! J’en attendais peut-être trop, mais je vais lui redonner sa chance suite à cet article scientifique, particulièrement intéressant :
    https://histoiredeleternite.wordpress.com/2015/01/09/la-science-dinterstellar-le-tesseract/

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    1. Ah, merci pour le lien !

      Oui, j'ai vu dans ta chronique que tu étais déçu, que tu trouvais même ce film pire que "Prometheus" au niveau des incohérences. C'est vrai que pour moi le film de Ridley Scott est un jalon du genre "film ambitieux avec moyens mais totalement raté dans son résultat". Pour moi, "Interstellar" est bien au-dessus. Certes il doit bien y avoir des incohérences, et rien que le fait de faire autant d'allers-retours pour le héros est en soi presque impossible. Mais on va dire que c'est le scénario qui veut ça... En tout cas, ça ne m'a pas empêché d'apprécier le film. Pas comme le bousin de Scott où je suis sorti en me disant : What the fuck !

      A.C.

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