Alien - Le huitième passager

Alors que le cargo interplanétaire Nostromo est en route pour la Terre, son ordinateur de bord (Maman) reçoit un signal atypique en provenance d'un planétoïde inconnu. Le vaisseau arrête alors sa course et réveille l'équipage. Comme le prévoit le règlement de la compagnie Weyland-Yutani, celui-ci est tenu d'aller explorer la planète pour enquêter sur l’éventuelle existence d'une vie extra-terrestre. Ce qu'ils vont y trouver dépasse de loin toutes les conjectures...

Alien (1979, 1h57), film américano-britannique de Ridley Scott, avec Sigourney Weaver, Tom Skeritt, Ian Holm, John Hurt, Yaphet Kotto, Bolaji Badejo...

C'est avec ce postulat plutôt classique que Ridley Scott allait révolutionner le film d'horreur en lui insufflant une grosse dose de science-fiction. Après le succès public rencontré par le phénomène Star Wars, les studios hollywoodiens ont cherché une nouvelle poule aux œufs d'or. Pari gagné pour la Fox car Alien restera longtemps en tête du box office !

Ma dernière vision de ce film mythique remonte aux dernières Utopiales, à Nantes. Outre le fait que je le voyais pour la première fois en salle obscure, j'avais la chance d'assister à l'un de mes 42 films de référence en présence de Chris Foss (invité d'honneur du festival en 2014), l'un des concept artist.

Même si Alien reste un film de son époque au niveau de certains visuels (dans les années 70, les effets spéciaux ne parvenaient pas encore à proposer une vision convaincante de l'ordinateur du futur), il est impressionnant de modernité quand il est question des extra-terrestres. Que ce soit la créature elle-même, avec ses différents stades d'évolution, ou le vaisseau gigantesque échoué sur le planétoïde, là où les explorateurs trouvent le Space Jockey, l'esthétique moderne doit beaucoup à l'artiste suisse H.G. Giger. Aussi génial que fou, Giger offre une vision cauchemardesque d'une créature telle qu'on ne l'avait jamais vue au cinéma. Et ses décors somptueux gardent encore cette puissance évocatrice rarement égalée. A grand renfort de CGI, Scott a tenté de casser le mythe qu'il avait lui-même créé dans son tout à fait dispensable Prometheus (2012).


Et si Alien reste aussi marquant - trente-six ans après sa sortie -, c'est aussi grâce à des scènes devenues mythiques depuis. Celle où la créature sort du ventre de Kane lors du repas a choqué toute une génération de spectateurs (la légende veut que certains d'entre eux, pris de nausée, sortaient pour aller vomir aux toilettes ; à tel point que des exploitants de salles demandaient une version censurée). Il faut dire que durant le tournage, seuls les techniciens (avec les caméras bâchées) et John Hurt (l'interprète de l'officier en second Kane) étaient au courant de ce qui allait se passer. La surprise et la terreur des autres comédiens n'étaient donc pas feints.

De Méliès à Kubrick en passant par Wise (souvenez-vous de l'extra-terrestre pacifiste de Le jour où la Terre s'arrêta (1951)), nombreux sont les réalisateurs à nous proposer une rencontre entre les Terriens et des entités venus de l'espace, ou dans l'espace (où, comme chacun sait, personne ne vous entend crier). Mais jamais cette rencontre ne s'était faite dans la violence. Ici, la violence est brute, palpable, organique. Certes dans bon nombre de films d'invasion alien des années 50 (allégorie à peine dissimulée d'une éventuelle invasion rouge durant le maccarthysme) la violence était présente (La Guerre des Mondes (1953)), elle était due à l’utilisation de technologie (forcément avancée). L'extra-terrestre de Scott, lui, n'utilise que sa force brute. Et un corps fait pour détruire (le sang acide qui ronge le vaisseau quand ils blessent le monstre, quelle idée !) et se reproduire...

Bref, un film incontournable pour tout amateur de science-fiction au cinéma. Huis-clos aussi étouffant que terrifiant, l'Alien de Ridley Scott (qui réalisait ici son second long-métrage) est un chef d'oeuvre du genre.

note : IV

A.C. de Haenne

Chronique réalisée dans le cadre du Summer Star Wars III :




Commentaires

  1. ... et ce slogan génial "dans l'espace personne ne vous entend crier" ...

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    1. Et pour une fois (pour un slogan), tellement vrai !

      A.C.

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    1. Je suis là. Après un gros passage à vide, retour en force sur le blog. Désolé de l'absence.

      Dès ce soir, un petit billet un peu triste...

      A.C.

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