Le Cycle de Tschaï, tome 1 : Le Chasch (City of the Chasch), par Jack Vance

Alors qu'ils sont dans une navette pour une mission d'exploration de la planète Tschaï, les deux terriens Waunder et Reith assistent impuissants à la destruction de leur vaisseau, l'Explorateur IV. Echoué à la surface de Tschaï, Adam Reith ne peut rien faire quand son comparse est assassiné sous ses yeux, ni lorsqu'il est fait prisonnier par les étranges Hommes-Emblêmes, l'une des très nombreuses variétés d'extra-terrestres qui peuplent la planète. Dès lors, Reith n'aura qu'une idée en tête : retrouver sa vedette et quitter cette planète...

illustration de Caza
Ce n'est pas le premier roman de Vance que je lis. Après La Planète Géante et Cugel l'astucieux, voici donc le troisième livre de l'auteur étasunien né en 1916 et décédé en 2013 (oui, à l'âge canonique de 96 ans !) que j'ai eu le plaisir de tenir entre mes mains. Le présent roman fait partie d'une tétralogie que les éditions J'ai lu (par le biais de sa très bonne collection Nouveaux Millénaires) ont eu l'excellente idée de réunir en un superbe omnibus. Mais afin de faire durer le plaisir, je ferai quatre chroniques différentes, au fur et à mesure de mes lectures de ce beau petit pavé de presque 800 pages. Ici parlerai-je donc de Le Chasch, le premier tome du cycle de Tschaï.

Si le pitch du roman qui nous intéresse ici présente des simillitudes avec celui de La Planète Géante (un vaisseau qui s'échoue, un terrien qui réalise tout un périple afin de rentrer chez lui), il est tout de même assez différent. D'autant que contrairement à la Planète Géante (je ne me souviens plus si celle-ci possède un nom propre) qui est officiellement une très ancienne colonie de la Terre, Tschaï n'est pas censé avoir un lien avec elle. Pourtant, le mystérieux message reçu par les habitants de la Terre deux cents ans plus tôt, qui est à l'origine de l'arrivée du vaisseau et de la mission d'exploration, risque d'avoir une importance dans les prochains tomes (dans celui-ci, notre héros ne fait que l'évoquer, y réflechir, mais on sent qu'il fera l'objet d'une révélation future). Beaucoup de choses sont mises en place dans ce livre car Jack Vance fait preuve d'une imagination débordante. Elle lui permet d'ailleurs de décrire des sociétés extra-terrestres assez fouillées, très différentes les unes des autres. Néanmoins, on sent que Vance en a encore sous la pédale (pour parler trivialement). Les aventures sont nombreuses et on ne s'ennuie jamais tout le long de ces 200 pages. Si l'écriture vancienne paraît simple à première vue, elle est surtout d'une efficacité incroyable. Sans fioriture, elle permet à l'auteur d'aller à l'essentiel. Pour le plus grand plaisir du lecteur.
illustration de Caza

Pour conclure, je ne peux que conseiller ce roman qui ravira tout lecteur à la recherche d'aventures et de dépaysement. Datant tout de même de 1968, j'ai été agréablement surpris de constater à quel point il n'a pas pris une ride. La traduction de Michel Deutsch n'a été "que" revisée par Sebastien Guillot, signe que dès le départ, elle reflétait un aspect "moderne". D'ailleurs, la collection dirigée par Thibaud Eliroff n'hésite pas à ressortir des oeuvres patrimoniales avec de nouvelles traductions, quand cela est jugé nécessaire. Cette édition est réhaussée d'une superbe illustration de Caza, un habitué de Vance en général et du cycle de Tschaï en particulier. Dans une intéressante préface, il explique très bien le lien particulier qu'il a, depuis le début, noué avec cette magnifique saga de planet opera.

Tschaï - J'ai Lu - collection Nouveaux Millénaires - traduction de Michel Deutsch (révisée par Sebastien Guillot) - 800 pages - 25€ - D.L. : janvier 2012

note : III

A.C. de Haenne

Cette chronique a été écrite dans le cadre de deux challenges différents :

Tout d'abord le Summer Star Wars 7 :











Commentaires

  1. Je t'envie, tu as toute l'œuvre de Vance à découvrir. Ce qui est chouette dans Tschaï, c'est que ça se déploie au fur et à mesure. Au début, c'est juste de l'aventure et l'univers se complexifie - et Vance s'amuse de plus en plus.
    Paradoxalement, ce n'est pas mon préféré. Mais je suis un fan alors j'ai toujours du plaisir à le relire - et en effet, c'est resté "moderne" parce que c'est un grand styliste salué par de nombreux auteurs SF/fantasy modernes. Son univers est hors mode et sa verve et son ironie toujours contemporains.

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    1. Je savoure ma chance de virginité tous les jours. Tout le monde dit que c'est bien, Vance, c'est parce que ça doit être vrai.

      A.C.

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    2. "Tout le monde" est un peu exagéré. À mon époque - radote radote - il y avait des lecteurs/critiques qui trouvaient ça trop léger, pas vraiment "réaliste" et old school. Ça manquait de fond scientifique et de vigueur politique. Les années 80 en SF en France semblaient contaminée par des enjeux politiques ... chiants (je n'ai pas lu de SF française pendant longtemps à cause de ça) et Vance était considéré comme un auteur "de droite". Donc pas beau, caca...

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    3. Certainement pas très "liberal" (façon US), mais pas très à l'extrême-droite, c'est sûr.

      Pas "tout le monde", on est d'accord. Mais je parle plutôt du fandom actuel, celui que je cotoie...

      A.C.

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    4. Oui, la SF française est désormais moins dans le combat (et heureusement pour la qualité littéraire) et Vance est très apprécié par une nouvelle génération via... sa fantasy.

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    5. Ce qui est assez paradoxal. Après, je suis loin d'avoir tout lu de son oeuvre pléthorique.

      A.C.

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    6. Il faut dire qu'il a fait de la fantasy à une époque où la fantasy était considérée comme un sous-genre de la SF... Il y a finalement peu d'œuvres purement fantasy - à part Suldrun qu'il faut que je relise.

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    7. Cugel, non ?

      Ah oui, j'ai "Les jardins de Suldrun" dans ma BàL...

      A.C.

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    8. Je ne citais pas Cugel puisque c'est déjà dans le billet :-) Et puis Un monde magique qui est vraiment superbe - et qui est à l'origine du système de sorts dans Donjon & Dragons.

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    9. Et Cugel fera l'objet d'une prochaine chronique sur le présent blog !

      A.C.

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    10. Dans un monde magique, les magiciens "apprennent" des sorts qu'ils ne peuvent lancer qu'une fois (ils l'emmagasinent dans leur tête).

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    11. Effectivement, je n'avais jamais vu ça comme ça (mais c'est officiel ou c'est toi qui te fais un film ?)

      A.C.

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    12. J'ai lu ça quelque part et c'est souvent cité en parlant de Vance et de ce recueil. Je suppose que ça a été reconnu par le créateur de D&D à une époque.

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    13. A creuser, donc. Même si je ne suis pas un grand joueur de D&D, ça me semble tout à fait crédible.

      A.C.

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  2. Tu le vends très bien et je prends. Tout m'interpelle pour me plonger dans ce cycle.
    Merci de ta critique

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    1. Je t'en prie. Et quand c'est bien, je ne peux que lui rendre justice.

      A.C.

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  3. Je l'ai en poche ancienne version de puis longtemps. Un jour démarré et abandonné. Depuis j'ai redécouvert avec plaisir Jack Vance, cependant cette nouvelle version me ravirait bien, tant pour sa révision de traduction que pour son illustration bien plus réussie que ma toute vieille version. A voir si je me permets cet achat un jour alors que je possède déjà les livres ;-)

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    1. Alors il faudrait savoir si vous parlez de la version "Caza + Opta" ou Tibor Csernus. J’imagine que c’est de cette dernière dont vous parlez. Moi je l’aime bien dans son genre, elle apporte une étrangeté très différente de l’image claquante de Caza et sa ligne claire très séduisante sur ces couvertures. Mais je ne pense pas qu’il y ait des améliorations dans la trad entre ces deux versions. Une autre peut-être ?

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    2. La traduction a été révisée par Sebastien Guillot, le directeur de collection.

      A.C.

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    3. Donc dans la toute dernière édition - pas celle dont tu montre la couv ?

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    4. Oui, la toute dernière. Et je montre deux couv' ! ;-)

      A.C.

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