Logan

2029. Les mutants ont quasiment tous disparu de la surface de la Terre. Chauffeur de limousine, Logan tente de survivre en se faisant le plus discret possible. Il doit aussi s'occuper de son vieil ami le professeur Xavier, devenu sénile. Il le cache dans un vieux réservoir désaffecté, juste derrière la frontière américano-mexicaine. Et combat ses propres démons avec de grandes quantités d'alcool. Mais cette vie de parias va se voir bouleversée par l'arrivée d'une jeune mutante, qui cache un secret...

Logan (2017, 2h17), film américain de James Mangold, avec Hugh Jackman, Patrick Stewart, Dafne Keen, Boyd Holbrook...

Personnellement, j'ai découvert James Mangold en allant voir Copland (1997) au cinéma. Mais, depuis, je n'ai suivi que de très loin la carrière du bonhomme (j'avais rattrapé le plutôt bon Identity en DVD). Jusqu'à ce qu'il revienne dans mon radar avec Wolverine, le combat d'un immortel, film aussi attendu que décevant. Le retrouver aux manettes d'un ultime opus des aventures du mutant aux griffes en adamantium pouvait présager du pire... comme du meilleur. Fort heureusement, c'est la deuxième option qui s'impose. Mais n'anticipons pas.

Les héros sont fatigués...

Depuis une vingtaine d'années (depuis 1999 pour être précis et la première adaptation des X-Men sur grand écran), Hollywood nous sert du super-héros en veux-tu, en voilà. Jusqu'à plus soif, diront certains... Sauf qu'à force de sauver le monde contre toutes sortes de menaces, ces héros même super finissent par fatiguer. Après Batman (The Dark Knight, The Dark Knight Rises) qui montre quelques signes de dépression, Superman (Batman v. Superman) qui se demande à quoi tout cela sert, et même Captain America et Iron Man qui sont prêts à en découdre (Captain America : Civil War), voici donc Wolverine qui nous revient dans de nouvelles "aventures" en très piteux état. Il a toujours ses griffes en adamantium, mais il semble avoir perdu son pouvoir de régénération. La cause n'est pas vraiment explicitée, ou alors seulement compréhensibles des lecteurs du comics dont ce film est tiré (Old Man Logan, par Millar et McNiven). On le découvre alcoolique, vieux et perclus de cicatrices. Bref, pas la grande forme pour l'un des plus iconiques super-héros de l'écurie Marvel.


Un western crépusculaire...

Ce film jongle allégrement avec les genres. Si c'est résolument un film de super-héros (sur le déclin, mais pas que) et de science-fiction (les camions auto-tractés sont une très bonne idée pour signifier que l'action se déroule en 2029, même si l'histoire est assez intemporelle) ce long-métrage reprend aussi les codes du film noir et, surtout, ceux du western. Les décors désertiques du Mexique, les costumes, les méchants sans foi ni loi... Plus nihiliste que jamais, Logan n'a qu'une envie, qu'on le laisse tranquille. Les problèmes, il préfère les laisser aux autres plutôt que de s'en mêler. Malheureusement pour lui, l'irruption de cette étrange petite fille va complètement bouleverser le cours de sa vie. C'est exactement ce que dit l'extrait du film (un western) regardé par Laura et Charles Xavier dans la chambre d'hôtel.


Une éternelle fuite en avant...

L'irruption de cette petite fille d'apparence fragile va donc radicalement transformer l'existence de Logan et du professeur Xavier. Exactement ce que Wolverine cherchait à éviter car les mutants sont à présent une espèce en voie d'extinction totale, traqués comme des bêtes sauvages. Guidés par des comics vintage narrant les aventures super-héroïques des X-Men (un tissu de conneries, suivant Logan), les voilà donc partis sur la route, à la recherche d'un hypothétique refuge pour mutants, Eden. Mais plus ils s'approchent du Dakota du nord, plus Logan se rend compte du côté irréaliste de leur entreprise. Fuyant ceux qui les traquent, il ne s'agit que d'une fuite en avant. Jusqu'où cela les mènera-t-il ?

En conclusion, on peut dire que ce film, globalement réussi, est scindé en deux parties. La première, géniale dans sa noirceur et son nihilisme, présage d'un pur chef d'oeuvre. Malheureusement, la deuxième, plus poussive et plus linéaire, s'ouvre sur une conclusion (avec des enfants qui s'organisent dans des cabanes... hum !) des plus naïves (voire niaises). Malgré tout, ce Logan demeure de loin le plus réussi et le plus abouti dans son écriture des trois spin off consacrés à Wolverine. A quelques détails près, il frôle même l'obtention de l'estampille "chef d'oeuvre". Par sa violence sans retenue (voire limite choquante mais toujours d'à-propos), il s'éloigne du reste de la production Marvel, souvent édulcorée pour plaire au public familial qu'il vise.

note :III

A.C. de Haenne  

Commentaires

  1. Je n'ai pas vu les autres Wolverine (mais j'ai cru comprendre que je n'avais rien raté !) mais j'ai trouvé celui-là sympathique. Au milieu de tous ces films de super-héros qui se ressemblent, il a le mérite de se démarquer (même s'il n'est pas forcément inoubliable).

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    1. Les autres sont dispensables, oui, à moins d'être un fan absolu.

      A.C.

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